Cornelius a Lapide

Nombres VII


Table des matières


Texte de la Vulgate : Nombres 7, 1-89

1. Or il arriva, le jour où Moïse eut achevé le tabernacle, qu'il le dressa, l'oignit et le sanctifia avec tous ses ustensiles, ainsi que l'autel avec tous ses ustensiles : 2. les princes d'Israël et les chefs des familles, qui étaient les capitaines de chaque tribu et avaient présidé au dénombrement, 3. offrirent des présents devant le Seigneur : six chariots couverts avec douze bœufs. Deux chefs offrirent un chariot, et chacun offrit un bœuf, et ils les présentèrent devant le tabernacle. 4. Et le Seigneur dit à Moïse : 5. Reçois ces dons de leur part, afin qu'ils servent au ministère du tabernacle, et tu les remettras aux Lévites selon l'ordre de leur ministère. 6. Lorsque Moïse eut reçu les chariots et les bœufs, il les remit aux Lévites. 7. Deux chariots et quatre bœufs, il les donna aux fils de Gershon, selon ce qui leur était nécessaire ; 8. quatre autres chariots et huit bœufs, il les donna aux fils de Mérari, selon leurs fonctions et leur service, sous la direction d'Ithamar, fils d'Aaron le prêtre ; 9. mais aux fils de Caath, il ne donna ni chariots ni bœufs, parce qu'ils servent dans le Sanctuaire et portent leurs fardeaux sur leurs propres épaules. 10. Les chefs offrirent donc pour la dédicace de l'autel, le jour où il fut oint, leur oblation devant l'autel. 11. Et le Seigneur dit à Moïse : Que chaque chef offre ses dons à tour de rôle, jour après jour, pour la dédicace de l'autel. 12. Le premier jour, Nahshon, fils d'Amminadab, de la tribu de Juda, offrit son oblation ; 13. et elle comprenait un plat d'argent pesant cent trente sicles, une coupe d'argent de soixante-dix sicles, selon le poids du Sanctuaire, l'un et l'autre pleins de fleur de farine pétrie à l'huile pour le sacrifice ; 14. un mortier d'or de dix sicles, plein d'encens ; 15. un bœuf du troupeau, un bélier, un agneau d'un an pour l'holocauste, 16. et un bouc pour le péché ; 17. et pour le sacrifice des offrandes pacifiques, deux bœufs, cinq béliers, cinq boucs, cinq agneaux d'un an : telle fut l'oblation de Nahshon, fils d'Amminadab. 18. Le deuxième jour, Nethanel, fils de Tsuar, chef de la tribu d'Issachar, offrit : 19. un plat d'argent pesant cent trente sicles, une coupe d'argent de soixante-dix sicles, selon le poids du Sanctuaire, l'un et l'autre pleins de fleur de farine pétrie à l'huile pour le sacrifice ; 20. un mortier d'or de dix sicles, plein d'encens ; 21. un bœuf du troupeau, un bélier, un agneau d'un an pour l'holocauste, 22. et un bouc pour le péché ; 23. et pour le sacrifice des offrandes pacifiques, deux bœufs, cinq béliers, cinq boucs, cinq agneaux d'un an : telle fut l'oblation de Nethanel, fils de Tsuar. 24. Le troisième jour, le prince des fils de Zabulon, Éliab, fils de Hélon, 25. offrit un plat d'argent pesant cent trente sicles, une coupe d'argent de soixante-dix sicles, selon le poids du Sanctuaire, l'un et l'autre pleins de fleur de farine pétrie à l'huile pour le sacrifice ; 26. un mortier d'or pesant dix sicles, plein d'encens ; 27. un bœuf du troupeau, un bélier, un agneau d'un an pour l'holocauste, 28. et un bouc pour le péché ; 29. et pour le sacrifice des offrandes pacifiques, deux bœufs, cinq béliers, cinq boucs, cinq agneaux d'un an : telle fut l'oblation d'Éliab, fils de Hélon. 30. Le quatrième jour, le prince des fils de Ruben, Élitsur, fils de Shedéur, 31. offrit un plat d'argent pesant cent trente sicles, une coupe d'argent de soixante-dix sicles, selon le poids du Sanctuaire, l'un et l'autre pleins de fleur de farine pétrie à l'huile pour le sacrifice ; 32. un mortier d'or pesant dix sicles, plein d'encens ; 33. un bœuf du troupeau, un bélier, un agneau d'un an pour l'holocauste, 34. et un bouc pour le péché ; 35. et pour les offrandes pacifiques, deux bœufs, cinq béliers, cinq boucs, cinq agneaux d'un an : telle fut l'oblation d'Élitsur, fils de Shedéur. 36. Le cinquième jour, le prince des fils de Siméon, Shelumiel, fils de Tsurishaddaï, 37. offrit un plat d'argent pesant cent trente sicles, une coupe d'argent de soixante-dix sicles, selon le poids du Sanctuaire, l'un et l'autre pleins de fleur de farine pétrie à l'huile pour le sacrifice ; 38. un mortier d'or pesant dix sicles, plein d'encens ; 39. un bœuf du troupeau, un bélier, un agneau d'un an pour l'holocauste, 40. et un bouc pour le péché ; 41. et pour les offrandes pacifiques, deux bœufs, cinq béliers, cinq boucs, cinq agneaux d'un an : telle fut l'oblation de Shelumiel, fils de Tsurishaddaï. 42. Le sixième jour, le prince des fils de Gad, Éliasaph, fils de Déuel, 43. offrit un plat d'argent pesant cent trente sicles, une coupe d'argent de soixante-dix sicles, selon le poids du Sanctuaire, l'un et l'autre pleins de fleur de farine pétrie à l'huile pour le sacrifice ; 44. un mortier d'or pesant dix sicles, plein d'encens ; 45. un bœuf du troupeau, un bélier, un agneau d'un an pour l'holocauste, 46. et un bouc pour le péché ; 47. et pour les offrandes pacifiques, deux bœufs, cinq béliers, cinq boucs, cinq agneaux d'un an : telle fut l'oblation d'Éliasaph, fils de Déuel. 48. Le septième jour, le prince des fils d'Éphraïm, Élishama, fils d'Ammihud, 49. offrit un plat d'argent pesant cent trente sicles, une coupe d'argent de soixante-dix sicles, selon le poids du Sanctuaire, l'un et l'autre pleins de fleur de farine pétrie à l'huile pour le sacrifice ; 50. un mortier d'or pesant dix sicles, plein d'encens ; 51. un bœuf du troupeau, un bélier, un agneau d'un an pour l'holocauste, 52. et un bouc pour le péché ; 53. et pour les offrandes pacifiques, deux bœufs, cinq béliers, cinq boucs, cinq agneaux d'un an : telle fut l'oblation d'Élishama, fils d'Ammihud. 54. Le huitième jour, le prince des fils de Manassé, Gamaliel, fils de Pedahtsur, 55. offrit un plat d'argent pesant cent trente sicles, une coupe d'argent de soixante-dix sicles, selon le poids du Sanctuaire, l'un et l'autre pleins de fleur de farine pétrie à l'huile pour le sacrifice ; 56. un mortier d'or pesant dix sicles, plein d'encens ; 57. un bœuf du troupeau, un bélier, un agneau d'un an pour l'holocauste, 58. et un bouc pour le péché ; 59. et pour les offrandes pacifiques, deux bœufs, cinq béliers, cinq boucs, cinq agneaux d'un an : telle fut l'oblation de Gamaliel, fils de Pedahtsur. 60. Le neuvième jour, le prince des fils de Benjamin, Abidan, fils de Guidéoni, 61. offrit un plat d'argent pesant cent trente sicles, une coupe d'argent de soixante-dix sicles, selon le poids du Sanctuaire, l'un et l'autre pleins de fleur de farine pétrie à l'huile pour le sacrifice ; 62. et un mortier d'or pesant dix sicles, plein d'encens ; 63. un bœuf du troupeau, un bélier, un agneau d'un an pour l'holocauste, 64. et un bouc pour le péché ; 65. et pour les offrandes pacifiques, deux bœufs, cinq béliers, cinq boucs, cinq agneaux d'un an : telle fut l'oblation d'Abidan, fils de Guidéoni. 66. Le dixième jour, le prince des fils de Dan, Ahiézer, fils d'Ammishaddaï, 67. offrit un plat d'argent pesant cent trente sicles, une coupe d'argent de soixante-dix sicles, selon le poids du Sanctuaire, l'un et l'autre pleins de fleur de farine pétrie à l'huile pour le sacrifice ; 68. un mortier d'or de dix sicles, plein d'encens ; 69. un bœuf du troupeau, un bélier, un agneau d'un an pour l'holocauste, 70. et un bouc pour le péché ; 71. et pour les offrandes pacifiques, deux bœufs, cinq béliers, cinq boucs, cinq agneaux d'un an : telle fut l'oblation d'Ahiézer, fils d'Ammishaddaï. 72. Le onzième jour, le prince des fils d'Aser, Paguiel, fils d'Ochran, 73. offrit un plat d'argent pesant cent trente sicles, une coupe d'argent de soixante-dix sicles, selon le poids du Sanctuaire, l'un et l'autre pleins de fleur de farine pétrie à l'huile pour le sacrifice ; 74. un mortier d'or pesant dix sicles, plein d'encens ; 75. un bœuf du troupeau, un bélier, un agneau d'un an pour l'holocauste, 76. et un bouc pour le péché ; 77. et pour les offrandes pacifiques, deux bœufs, cinq béliers, cinq boucs, cinq agneaux d'un an : telle fut l'oblation de Paguiel, fils d'Ochran. 78. Le douzième jour, le prince des fils de Nephthali, Ahira, fils d'Énan, 79. offrit un plat d'argent pesant cent trente sicles, une coupe d'argent de soixante-dix sicles, selon le poids du Sanctuaire, l'un et l'autre pleins de fleur de farine pétrie à l'huile pour le sacrifice ; 80. un mortier d'or de dix sicles, plein d'encens ; 81. un bœuf du troupeau, un bélier, un agneau d'un an pour l'holocauste, 82. et un bouc pour le péché ; 83. et pour les offrandes pacifiques, deux bœufs, cinq béliers, cinq boucs, cinq agneaux d'un an : telle fut l'oblation d'Ahira, fils d'Énan. 84. Voici ce qui fut offert pour la dédicace de l'autel par les princes d'Israël, le jour où il fut consacré : douze plats d'argent, douze coupes d'argent, douze mortiers d'or ; 85. de sorte qu'un plat d'argent pesait cent trente sicles, et une coupe pesait soixante-dix sicles, c'est-à-dire que tous les vases d'argent ensemble s'élevaient à deux mille quatre cents sicles, au poids du Sanctuaire. 86. Douze mortiers d'or pleins d'encens, pesant chacun dix sicles au poids du Sanctuaire, c'est-à-dire en tout cent vingt sicles d'or : 87. des bœufs du troupeau pour l'holocauste, douze ; des béliers, douze ; des agneaux d'un an, douze, avec leurs libations ; des boucs pour le péché, douze. 88. Pour les offrandes pacifiques : vingt-quatre bœufs, soixante béliers, soixante boucs, soixante agneaux d'un an. Voilà ce qui fut offert pour la dédicace de l'autel, lorsqu'il fut oint. 89. Et lorsque Moïse entrait dans le tabernacle de l'alliance pour consulter l'oracle, il entendait la voix de Celui qui lui parlait depuis le propitiatoire qui était sur l'arche du témoignage, entre les deux Chérubins : et de là Il lui parlait.


Verset 1 : Le jour où Moïse acheva le tabernacle

Et il le dressa — non par lui-même, mais par Betsalel et ses compagnons : d'où il est clair qu'il y a ici un hysteron proteron. Car l'offrande des princes, qui est relatée dans ce chapitre, fut faite avant le recensement du peuple décrit au chapitre 1. En effet, l'érection et la consécration du tabernacle furent achevées le premier jour du premier mois de la deuxième année, comme il ressort d'Exode 40, 18. Et ce même jour fut accomplie la consécration d'Aaron le grand prêtre et de ses fils les prêtres, comme il ressort du même chapitre de l'Exode. Ce même jour aussi commença l'offrande des princes, faite dans le tabernacle déjà dressé, comme il est dit ici. C'est pourquoi, selon l'ordre de l'histoire, ce chapitre aurait dû être placé immédiatement après l'Exode. Aussi n'est-ce pas tant l'ordre de l'histoire que celui de la matière qui est observé ici : car, puisque Moïse avait décrit le tabernacle et les autels dans l'Exode, il y ajouta dans le Lévitique la description des sacrifices, les consécrations des prêtres, et les fonctions à accomplir dans le tabernacle et à ses autels ; puis dans les Nombres, il ajouta le recensement du peuple et des Lévites, pour distinguer leurs ministères, puis le rite et l'offrande des Naziréens : car les Naziréens étaient consacrés à Dieu, tout comme les prêtres et les Lévites ; et enfin, à l'occasion des offrandes prescrites pour les Naziréens, il passe opportunément, et même revient, à l'offrande des princes, bien qu'elle eût été faite bien avant. Nous verrons un semblable hysteron proteron dans les deux chapitres suivants.

Ce que Rabbi Salomon, et à sa suite Lyranus, proposent — à savoir une double érection du tabernacle : l'une quotidienne, qui se faisait chaque jour durant les sept premiers jours de la consécration des prêtres ; l'autre stable et permanente, qui se fit le huitième jour après la première érection du tabernacle, lorsque la consécration des prêtres fut achevée ; et que par conséquent cette oblation des douze princes devrait être comptée à partir de cette érection stable, c'est-à-dire à partir du huitième jour — cela, dis-je, paraît fictif et contraire à la Sainte Écriture en ce passage. Car cette érection quotidienne du tabernacle eût été inutile et extrêmement pénible, voire, avec tant de planches, de colonnes et de rideaux, presque impossible, comme Abulensis le montre justement.


Objection de Lyranus : Qui sacrifia durant les sept premiers jours ?

Lyranus objecte : Avant le huitième jour, la consécration d'Aaron et de ses fils prêtres n'était pas encore achevée ; donc, durant les sept premiers jours, Moïse, et non Aaron ni ses fils — dont la consécration n'était pas encore terminée — devait sacrifier les victimes des princes : mais Moïse seul ne pouvait le faire ; car chaque prince offrait quotidiennement vingt et une victimes à immoler.

Je réponds : Durant les sept premiers jours, Moïse seul immolait, c'est-à-dire qu'il égorgeait et tuait les victimes, ce qu'il pouvait facilement faire par lui-même ; mais Aaron et ses fils, après l'immolation de la victime, l'écorchaient, la découpaient, la lavaient et la plaçaient sur l'autel. Car les Lévites pouvaient aussi accomplir ces tâches à cette époque, lorsque les prêtres ne suffisaient pas à la besogne, comme il ressort de II Chroniques 29, 34.


Note : Les douze jours de l'offrande des princes

Puisqu'il y avait douze princes des 12 tribus, cette offrande dura autant de jours ; car chaque jour un prince offrait ses dons. Donc, durant les sept premiers jours, lorsque la consécration d'Aaron et de ses fils n'était pas encore achevée, Moïse offrit seul les sacrifices de sept princes ; mais le huitième jour, quand offrit le prince des fils de Manassé — à savoir Gamaliel — alors Aaron, désormais grand prêtre consacré, offrit tant ses sacrifices que ceux des quatre princes restants. Ainsi dit Abulensis.


Verset 2 : Les princes d'Israël offrirent

Les princes d'Israël, et les capitaines de ceux qui avaient été dénombrés — c'est-à-dire : les 12 princes, qui étaient les capitaines des douze tribus, à savoir de tous les Israélites qui avaient été recensés et dénombrés — non pas ici au chapitre 1, car ce dénombrement fut postérieur à cette offrande des princes, comme je l'ai déjà dit, mais antérieurement, à savoir lors du premier recensement du peuple, qui eut lieu en Exode 38, 25. Ces 12 princes, ou capitaines, offrirent donc ensemble le premier jour au Seigneur (pour le transport des ustensiles du tabernacle à travers le désert) six chariots couverts. — « Couverts », afin que ces vases sacrés ne puissent être vus par le peuple, et qu'ils ne soient endommagés par la pluie, la grêle, etc.


Verset 3 : Avec douze bœufs

Car chaque chariot était tiré par deux bœufs. En effet, les Juifs utilisaient des bœufs et des ânes, plutôt que des chevaux, comme je l'ai dit à Exode 13, 13.

Deux chefs offrirent un chariot. — Deux princes : car, puisque six chariots furent offerts par douze princes, il s'ensuit que chaque paire de princes offrit un chariot. Mais les bœufs, individuellement — c'est-à-dire douze — furent offerts par chaque prince individuellement.


Verset 8 : Quatre chariots aux fils de Mérari

Il donna quatre autres chariots et huit bœufs aux fils de Mérari, — parce qu'ils avaient des fardeaux plus lourds, à savoir toutes les colonnes, outre les autres charges des planches, des bases, etc., à tel point qu'Abulensis pense que tous leurs fardeaux ne pouvaient être chargés sur ces quatre chariots, mais que certains devaient être portés par eux. Voir ce qui a été dit à Exode 38, à la fin.

Service — c'est-à-dire ministère ; car en hébreu c'est aboda.

Sous la direction (sous le soin, l'autorité et la supervision) d'Ithamar — c'est-à-dire qu'Ithamar présidait aux Gershonites et aux Mérarites, et à leurs ustensiles.


Verset 9 : Aux fils de Caath il ne donna point de chariots

Parce qu'ils servent dans le Sanctuaire. — « Dans le Sanctuaire », c'est-à-dire dans le Lieu Saint et dans le Saint des Saints, ce qui signifie : les Caathites servent le Lieu Saint et le Saint des Saints, en gardant les ustensiles qui se trouvaient dans le Lieu Saint et dans le Saint des Saints ; c'est pourquoi je veux que ces ustensiles soient portés non sur des chariots, mais sur leurs épaules, et cela en raison de la sainteté et de la révérence dues à ces ustensiles.


Verset 11 : Chaque chef offrira à tour de rôle, jour après jour

Que chaque chef offre ses dons à tour de rôle, jour après jour, pour la dédicace de l'autel — à savoir des holocaustes, lequel, outre l'onction commune à lui et aux autres ustensiles du tabernacle, avait une autre dédicace spéciale durant sept jours, à savoir l'onction quotidienne et les sacrifices prescrits en Exode chapitre 29, versets 36 et 37. C'est pourquoi aussi chaque jour, pour la dédicace de tout le tabernacle certes, mais surtout de cet autel, les princes offraient à tour de rôle et individuellement leurs dons.


L'ordre et la finalité des offrandes des princes

Cette offrande commença donc le premier jour de l'érection et de la consécration du tabernacle, et dura douze jours. Car il y avait douze princes offrants, dont chaque jour un seul offrait ses dons. En effet, les dons communs, à savoir les six chariots et les douze bœufs, tous les princes les offrirent ensemble le premier jour. De plus, ces princes offrirent leurs dons dans l'ordre qui existait dans les camps eux-mêmes et les étendards, Nombres 2 : c'est pourquoi le premier jour offrit le prince de la tribu de Juda ; le deuxième, le prince d'Issachar ; le troisième, le prince de Zabulon, et ainsi de suite. Enfin, ils offrirent les mêmes dons, afin qu'aucune rivalité ni ambition ne s'élevât parmi eux.


De la libéralité qui convient aux princes

Dieu ordonna aux princes, au nom de leurs tribus, d'offrir ces dons, premièrement, pour aiguiser en eux le zèle pour la religion et les choses sacrées ; deuxièmement, pour montrer que les laïcs et le peuple sont obligés par le droit naturel divin de fournir ces victimes et de pourvoir aux dépenses nécessaires tant au tabernacle qu'à l'entretien des prêtres. Car les prêtres accomplissaient les fonctions sacrées au nom de tout le peuple : c'est pourquoi ils devaient être entretenus par lui et recevoir toutes les dépenses nécessaires au culte de Dieu. Enfin, pour enseigner que la libéralité convient surtout aux princes. Artaxerxès, surnommé Longuemain parce que l'une de ses mains était plus longue que l'autre, disait que « il est plus royal de donner que de prendre. » Que les rois et les princes soient donc généreux dans leurs dons. C'est pour cette raison que les Hébreux appellent les princes nedibim, de la racine nadab, c'est-à-dire il fut spontané, généreux, libéral. Nedibim signifie donc la même chose que bienfaiteurs, c'est-à-dire ceux qui font le bien. Et c'est ce que dit le Christ, Luc 22, 25 : « Les rois des nations dominent sur elles ; et ceux qui exercent l'autorité sur elles sont appelés bienfaiteurs. » Bienfaiteurs, en hébreu nedibim, c'est-à-dire princes, parce que la bienfaisance leur convient surtout. Ainsi Ptolémée, roi d'Égypte, fut surnommé Évergète, c'est-à-dire Bienfaiteur, parce qu'il avait rapporté en Égypte par les armes les idoles ancestrales enlevées par Cambyse.


Verset 14 : Le mortier d'or

Un mortier. — En hébreu c'est caph, que notre Interprète traduit ailleurs par « coupe » ; mais comme un autre mot signifiant « coupe » a précédé ici, notre Interprète traduit caph par « mortier », comme si l'on disait, une petite coupe pour contenir l'encens. Car caph signifie un petit vase courbe et concave (caphaph signifie « courber »), dans lequel on plaçait de l'oliban, ou de l'encens, ou quelque chose de semblable. Ainsi Vatable et d'autres.


Verset 15 : Un bœuf du troupeau — les vingt et une victimes

Outre les vases, chaque prince offrit 21 victimes, et de toute espèce, à savoir : un bœuf, un bélier et un agneau pour l'holocauste ; un bouc pour le péché ; et pour les offrandes pacifiques, deux bœufs, cinq béliers, cinq boucs et cinq agneaux : que durant les sept premiers jours Moïse immola ; mais le huitième jour, Aaron commença à exercer le sacerdoce et immola les victimes du huitième prince. Le même jour, Aaron immola aussi les victimes du peuple, que le peuple offrait à l'occasion de la nouvelle consécration des prêtres. Le même jour aussi le feu descendit du ciel, qui consuma les sacrifices d'Aaron. Le même jour, enfin, Nadab et Abihu furent frappés de mort, Lévitique 9 et 10.


Verset 18 : De la répétition des offrandes

Le deuxième jour, Nethanel offrit. — Il « offrit » les mêmes choses, ou des choses semblables à ce que Nahshon avait offert le premier jour : lesquelles, à la manière hébraïque, sont ici détaillées et répétées longuement pour chaque prince. C'est pourquoi les Hébreux dans leur texte ne substituent pas ici de points, puisqu'ils les avaient substitués une fois au début dans la première oblation de Nahshon. Ainsi nous voyons dans l'Exode, tout ce qui avait été ordonné de faire pour la construction du tabernacle aux chapitres 25, 26, 27, 28, être répété et narré longuement comme déjà accompli aux chapitres 36, 37, 38, 39. Cette même coutume de répétition se retrouve chez les Orientaux, les Moscovites et d'autres peuples.


Verset 84 : Le total des offrandes pour la dédicace

Voici ce qui fut offert pour la dédicace de l'autel par les princes, le jour où il fut consacré. — « Le jour », c'est-à-dire au temps de la consécration, ou « le jour où elles furent offertes », c'est-à-dire où elles commencèrent à être offertes : car cette offrande dura douze jours ; mais la consécration de l'autel fut achevée le premier jour.


Verset 89 : Moïse entendant la voix depuis le propitiatoire

Et lorsque Moïse entrait dans le tabernacle de l'alliance pour consulter l'oracle — à savoir de Dieu siégeant dans le Saint des Saints, au-dessus du propitiatoire. Il ressort de ceci que Moïse avait toujours accès au Saint des Saints en cas de doute, alors qu'autrement seul le grand prêtre avait accès au Saint des Saints une fois l'an, à savoir le jour de l'Expiation. Car Moïse était le législateur et l'ambassadeur permanent de Dieu auprès du peuple : c'est pourquoi Dieu parlait avec Moïse d'une voix humaine et audible, sortant du propitiatoire, comme il est dit ici.


Des princes consultant Dieu par la prière

Par là Dieu signifiait que les Princes, les Prélats et les Pasteurs, pour bien gouverner le peuple, doivent fréquemment recourir à Dieu par la prière, afin d'être instruits par Lui dans les matières douteuses. Car c'est ainsi que Moïse recourait à l'oracle, comme l'enseigne saint Grégoire, Règle pastorale, IIe partie, chapitre 5. De même Minos, législateur et roi des Crétois, fut durant neuf ans un interlocuteur de Jupiter, dit Platon ; car les païens inventèrent cela à son sujet.

Plutarque rapporte dans le Banquet des sept sages qu'ils se demandèrent entre eux : « Qui serait un bon et heureux prince ? » Le premier, Solon, répondit : Celui qui convertit le pouvoir d'un seul en une constitution populaire pour les citoyens. Bias ajouta : Celui qui obéit le premier aux lois de sa patrie. Le troisième, Thalès : Celui qui meurt vieux dans l'ordre naturel. Le quatrième, Anacharsis : Celui qui seul est prudent. Le cinquième, Cléobule : Celui qui ne se fie à aucun de ses familiers. Le sixième, Pittacus : Celui qui forme ses sujets de telle sorte qu'ils ne le craignent pas lui, mais sa cause. Le dernier, Chilon, donna la meilleure réponse : Celui qui ne médite rien de mortel, mais toutes choses immortelles. C'est ce que Moïse apprit en demeurant constamment avec Dieu dans le tabernacle. Ainsi le bienheureux Thomas More, très sage et très intègre Chancelier d'Angleterre, consacrait quotidiennement beaucoup de temps à la prière, à la lecture pieuse et à la méditation, conversant avec Dieu : et ainsi, quand quelque affaire difficile devait être traitée, il recevait la Sainte Communion, afin d'être dirigé comme par un oracle et fortifié pour accomplir cette affaire justement et fidèlement selon la loi et la volonté de Dieu ; ainsi en témoigne Stapleton dans sa Vie de More.


Les trois obstacles pour accéder au sanctuaire de Dieu

En outre, pour que quiconque accède au Sanctuaire et à l'oracle de Dieu, trois obstacles doivent être levés. « Il y a trois choses, » dit saint Bernard, Sermon 5 Sur l'Assomption de la bienheureuse Vierge, « qui troublent l'œil de l'intelligence et l'excluent de la contemplation de la vraie lumière : à savoir les ténèbres des péchés, le souvenir de ces mêmes péchés, et le souci des affections terrestres. Contre cette triple maladie, il y a un triple remède. Car la première est guérie par la confession, la deuxième par la prière, la troisième par le repos. »

Le même saint dit au Sermon 23 sur le Cantique des Cantiques : « Dans ce lieu secret, et dans ce sanctuaire de Dieu » — à savoir de la prière et de la contemplation — « s'il arrivait que l'un de vous, à quelque heure, fût si ravi et si caché que le sens actif ne le distraie ni ne le trouble (comme chez un malade), ni le souci poignant, ni la culpabilité rongeante, ni certes ces fantômes d'images corporelles qui se précipitent et sont plus difficiles à écarter ; celui-là, quand il reviendra à nous, pourra en effet se glorifier et dire : Le roi m'a introduit dans sa chambre. »

C'est pourquoi Cassien, Conférences X, chapitres 9 et 13, avertit : « que tels que nous voulons être trouvés en priant, tels nous devons être avant le temps de la prière : car il est nécessaire que l'esprit soit formé durant le temps de sa supplication à partir de son état présent. » « Car lorsque, » comme dit saint Grégoire, Morales X, chapitre 17, « l'esprit s'est élevé à l'application de la prière, il subit le contrecoup des images de ces choses par lesquelles, lorsqu'il était oisif, il se laissait volontiers opprimer. »