Cornelius a Lapide

Exode XXVII


Table des matières


Synopsis du chapitre

L'autel des holocaustes est décrit avec ses vases, sa grille et ses barres. Deuxièmement, au verset 9, le parvis du tabernacle est décrit avec ses colonnes et les tentures dont il était entouré de tous côtés. Troisièmement, au verset 20, l'huile pour les lampes et leur allumage sont décrits.


Texte de la Vulgate : Exode 27, 1-21

1. Tu feras aussi un autel de bois d'acacia, qui aura cinq coudées de longueur et autant en largeur, c'est-à-dire carré, et trois coudées de hauteur. 2. Et les cornes sur ses quatre angles seront d'une seule pièce avec lui, et tu le couvriras d'airain. 3. Et tu feras pour son usage des bassins pour recevoir les cendres, et des pinces, et des fourchettes, et des réceptacles à feu : tu feras tous les vases d'airain. 4. Et une grille en forme de filet d'airain : et à ses quatre angles il y aura quatre anneaux d'airain, 5. que tu placeras sous le foyer de l'autel ; et la grille ira jusqu'au milieu de l'autel. 6. Tu feras aussi deux barres pour l'autel de bois d'acacia, que tu couvriras de lames d'airain : 7. et tu les introduiras dans des anneaux, et elles seront des deux côtés de l'autel pour le porter. 8. Tu ne le feras pas plein, mais vide et creux à l'intérieur, tel qu'il t'a été montré sur la montagne.

9. Tu feras aussi le parvis du tabernacle, dont le côté méridional vers le sud aura des tentures de fin lin retors : un côté aura cent coudées de longueur. 10. Et vingt colonnes avec autant de bases d'airain, qui auront des chapiteaux d'argent avec leurs ciselures. 11. De même, du côté nord, dans sa longueur, il y aura des tentures de cent coudées, vingt colonnes et des bases d'airain en même nombre, et leurs chapiteaux avec leurs ciselures seront d'argent. 12. Et dans la largeur du parvis qui regarde vers l'occident, il y aura des tentures de cinquante coudées, et dix colonnes, et autant de bases. 13. Dans cette largeur du parvis aussi qui regarde vers l'orient, il y aura cinquante coudées. 14. Dont quinze coudées de tentures seront assignées à un côté, avec trois colonnes et autant de bases : 15. et de l'autre côté il y aura des tentures de quinze coudées, trois colonnes et autant de bases. 16. Et à l'entrée du parvis il y aura une tenture de vingt coudées d'hyacinthe et de pourpre, et d'écarlate deux fois teinte, et de fin lin retors, en ouvrage de broderie : elle aura quatre colonnes, avec autant de bases. 17. Toutes les colonnes du parvis tout autour seront revêtues de lames d'argent, avec des chapiteaux d'argent et des bases d'airain. 18. Le parvis aura cent coudées de longueur, cinquante coudées de largeur, cinq coudées de hauteur, et il sera fait de fin lin retors, et aura des bases d'airain. 19. Tous les vases du tabernacle pour tout usage et toute cérémonie, tant ses pieux que ceux du parvis, tu les feras d'airain. 20. Ordonne aux enfants d'Israël de t'apporter l'huile la plus pure d'oliviers, broyée au pilon : pour que la lampe brûle toujours, 21. dans le tabernacle du témoignage, en dehors du voile qui est tendu devant le témoignage. Et Aaron et ses fils la disposeront, pour qu'elle donne de la lumière devant le Seigneur jusqu'au matin. Ce sera un culte perpétuel par leurs successions de la part des enfants d'Israël.


Verset 1 : Tu feras aussi un autel de bois d'acacia

1. TU FERAS AUSSI UN AUTEL DE BOIS D'ACACIA. — Note : Il y avait un double autel : l'un de l'encens, qui se trouvait dans le Saint, pour y brûler l'encens matin et soir en l'honneur de Dieu ; l'autre des holocaustes, sur lequel les holocaustes et toutes sortes de sacrifices étaient immolés et brûlés à Dieu. De là vient que cet autel n'était pas sous le tabernacle, mais devant lui, placé dans le parvis sous le ciel ouvert, à cause du feu, de la fumée et de l'odeur des victimes.

Deuxièmement, cet autel était fait de bois d'acacia, couvert de lames d'airain à l'intérieur et à l'extérieur, afin qu'il ne fût pas endommagé par le feu.

Troisièmement, cet autel avait cinq coudées de longueur, autant de largeur et trois coudées de hauteur, de sorte que les prêtres pussent aisément y atteindre. Salomon, cependant, fit un autel plus grand dans le temple ; car, comme il est dit en II Paralipomènes, chapitre IV : « Il fit un autel d'airain de vingt coudées de longueur, et de vingt coudées de largeur, et de dix coudées de hauteur. » De plus, des quatre angles de cet autel d'airain se dressaient quatre cornes d'airain, saillantes comme des obélisques.

Quatrièmement, cet autel était creux à l'intérieur, mais néanmoins rempli jusqu'à son milieu soit de terre, comme le soutiennent Abulensis et Richard, soit plutôt de pierre brute et non polie, comme le soutient Ribera ; car ainsi le Seigneur l'avait ordonné, Exode, chapitre XX, verset 24 ; et que Moïse et Salomon firent ainsi est clair d'après I Maccabées, chapitre IV, verset 56. Donc dans cet autel, qui avait trois coudées de hauteur, la structure de pierres montait jusqu'au milieu, c'est-à-dire jusqu'à une coudée et demie ; puis au-dessus de cela était placé le foyer de la grille, dont je vais parler maintenant ; et tout autour il était entouré de planches de bois d'acacia recouvertes d'airain.

Cinquièmement, cet autel avait au sommet une grille d'airain, pleine d'ouvertures à la manière d'un filet ; cette grille couvrait toute la largeur et la longueur du sommet de l'autel : elle avait donc près de cinq coudées de longueur et autant de largeur, car telles étaient la longueur et la largeur de l'autel. Sur cette grille les victimes étaient placées, de sorte qu'elles fussent brûlées par le feu en dessous dans l'autel (car il était creux, comme je l'ai dit), et que leurs cendres tombassent par les ouvertures de la grille sous l'autel ; de là, à cette grille était suspendu un foyer d'airain, ou un brasier d'airain, à l'intérieur de l'autel en son milieu, à savoir au-dessus de la structure de pierres que j'ai mentionnée un peu auparavant. Dans ce foyer, suspendu par des chaînes attachées aux quatre cornes de l'autel, on plaçait le bois et le feu pour brûler la chair placée sur la grille au-dessus.

Sixièmement, il est vraisemblable que cet autel avait une fenêtre sur son côté oriental, par laquelle on retirait les cendres et on plaçait le bois sur le foyer ou le brasier, et pour cet usage et d'autres il avait des pinces, des fourchettes, des bassins et des réceptacles à feu. Ainsi Bède, dont il sera question plus amplement en son lieu, au verset 4.

Septièmement, cet autel avait quatre anneaux d'airain, à travers lesquels deux barres, de bois d'acacia couvert d'airain, étaient insérées pour porter l'autel. La grille de l'autel elle-même avait le même nombre d'anneaux et de barres, distincts des anneaux et des barres de l'autel ; car la grille était retirée et séparée de l'autel, afin de pouvoir être transportée séparément.

Huitièmement, sur cet autel, matin et soir, chaque jour, on immolait d'abord un agneau, en sacrifice perpétuel, puis d'autres victimes, soit votives, soit volontaires, soit prescrites par la loi à cause d'une fête survenant. C'est pourquoi Dieu envoya le feu du ciel, qu'il voulut être continuellement alimenté et entretenu par les prêtres au moyen de bois placé sur cet autel, de peur qu'il ne s'éteignît jamais, afin qu'il fût toujours prêt à brûler les victimes, Lévitique, chapitre VI. Enfin, voir la représentation détaillée de cet autel chez Villalpando, livre IV Sur le Temple, chapitre LXXV.

Allégoriquement, cet autel de bois signifiait la croix du Christ, sur laquelle le Christ fut immolé comme sur un autel sacrificiel : c'est pourquoi cet autel était en dehors du tabernacle dans le parvis, parce que le Christ a souffert en dehors du camp, comme dit l'Apôtre, Hébreux, chapitre XIII, c'est-à-dire en dehors de Jérusalem.

Deuxièmement, il était fait de bois d'acacia, parce que ni la croix ni la chair du Christ ne virent la corruption. De plus, il est revêtu d'airain, parce que l'airain sonore signifie la prédication de la croix du Christ : l'airain est aussi un symbole de la force de la croix du Christ, qui a brisé toutes les forces du démon, du monde et du péché.

Troisièmement, il a quatre cornes, parce que la croix du Christ fut prêchée par les Apôtres et répandue à travers les quatre régions du monde entier : « Car leur voix s'est répandue par toute la terre. »

Quatrièmement, cet autel était vide à l'intérieur, mais posé sur la terre ou sur la pierre, parce que la croix du Christ fut fixée et posée sur le mont Calvaire.

Cinquièmement, la grille, sur laquelle la chair de la victime était brûlée par le feu placé dessous, signifie les souffrances très amères du Christ, par lesquelles sur la croix il fut brûlé pour nous tant par la douleur que par l'amour, selon cette parole du Psaume CI : « Mes os se sont desséchés comme du bois à brûler. » Ce que saint Jérôme traduit : « Mes os se sont consumés comme s'ils avaient été frits » ; saint Augustin : « Mes os furent frits comme dans une poêle à frire » ; d'autres : « Mes os furent brûlés comme un foyer, ou comme un tison. »

Sixièmement, du côté oriental de l'autel se trouvait une fenêtre par laquelle le bois et le combustible du feu étaient introduits dans le foyer, parce que du côté oriental, où était situé le Paradis terrestre, vint le péché d'Adam, qui fournit la matière et le combustible des douleurs et des souffrances du Christ.

Septièmement, ce que signifient les anneaux et les barres, je le dirai dans l'interprétation tropologique.

Huitièmement, sur cet autel un agneau était immolé chaque jour, parce que le Christ fut immolé sur la croix, lui qui est l'Agneau immolé depuis la fondation du monde. Sur cet autel brûle perpétuellement le feu divin, parce que la charité du Christ sur la croix ne fut pas éteinte, mais au contraire flamba plus intensément, et enflamma tous les martyrs et les fidèles à entreprendre la croix et la mort avec le Christ et pour le Christ.

Tropologiquement, l'autel de l'holocauste est le cœur de l'homme, qui s'afflige par la pénitence, mortifie ses propres vices et offre un sacrifice à Dieu ; cet autel est dans le parvis, parce que la mortification et la répression des passions doivent être pratiquées d'abord, avant que l'on puisse s'approcher de l'autel de l'encens, qui est dans le Saint, c'est-à-dire de l'amour et de l'union avec Dieu. De même, le feu avec lequel l'encens était brûlé sur l'autel d'or dans le Saint était apporté de l'autel de l'holocauste, parce que la ferveur et l'ardeur de la prière jaillissent de la mortification continuelle de la chair et des passions. C'est pourquoi celui qui se consacre à la prière et néglige la mortification fait comme s'il voulait allumer des aromates sans feu.

Un modèle de pénitence aussi bien que de mortification fut sainte Madeleine, qui, comme le dit saint Grégoire, homélie 33 sur les Évangiles, « trouva en elle-même autant d'holocaustes qu'elle avait eu de plaisirs : elle convertit le nombre de ses péchés en nombre de vertus, de sorte que tout ce qui en elle avait méprisé Dieu par la faute servît tout entier Dieu dans la pénitence. »

De là, deuxièmement, cet autel était fait de bois d'acacia, c'est-à-dire du pur désir du cœur ; revêtu d'airain en remplacement des parfums dont je fus autrefois charmé dans les palais des rois, afin qu'au jour du jugement le Seigneur me délivre de cette indicible puanteur de l'enfer. Qu'on écoute saint Bernard, dans un sermon : « Quel martyre, dit-il, est plus terrible que d'avoir faim au milieu des festins, de grelotter au milieu de nombreux vêtements précieux, d'être accablé par la pauvreté au milieu des richesses que le monde offre, que le malin étale, que notre appétit désire ? C'est pourquoi aux pauvres et pareillement aux martyrs le royaume des cieux est promis, parce que par la pauvreté certes on l'achète, mais dans la souffrance pour le Christ on le reçoit sans délai. »

Sixièmement, les bassins pour les cendres sont la mémoire de la passion et de la mort du Christ et des martyrs, qui par leur exemple nous ont précédés sur ce chemin de la croix et de la mortification ; les fourchettes, les pinces et les réceptacles à feu sont les prédicateurs et les saints Docteurs, qui nourrissent et allument continuellement en nous ce feu sacré de la mortification.

Septièmement, les anneaux et les barres sont les dons du Saint-Esprit, par lesquels toute peine et douleur de la pénitence est adoucie, de sorte que par eux nous semblons être portés et poussés vers les choses dures et élevées.

Huitièmement, les victimes immolées ici sont les diverses concupiscences, pour la combustion desquelles il faut continuellement nourrir le feu de la charité dans le cœur. Ainsi dit Bède, livre II, Sur le Tabernacle, chapitre 21.

Écoutez saint Grégoire, homélie 22 sur Ézéchiel : « Qu'est-ce que l'autel ? dit-il. N'est-ce pas l'esprit de ceux qui vivent bien, qui, se souvenant de leurs péchés, se lavent de leurs larmes, qui mortifient la chair par l'abstinence ; où, de la douleur de la componction, le feu brûle et la chair est consumée, selon cette parole de l'Apôtre, Romains 12 : Que vous offriez vos corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu ; un sacrifice vivant est un corps affligé pour le Seigneur : un sacrifice, parce qu'il est désormais mort à ce monde ; vivant, parce qu'il fait tout le bien qu'il peut ; mais l'une des componctions naît de la crainte, l'autre de l'amour. »

Puis, appliquant ces choses aux deux autels, à savoir celui des holocaustes et celui de l'encens, il poursuit ainsi : « C'est pourquoi dans le tabernacle il est ordonné de faire deux autels, l'un à l'extérieur, l'autre à l'intérieur ; l'un dans le parvis, l'autre devant l'arche ; l'un couvert d'airain, l'autre d'or ; sur celui d'airain on brûle de la chair, sur celui d'or on allume des parfums. Car beaucoup pleurent les maux qu'ils ont commis et brûlent leurs vices par le feu de la componction, mais souffrent encore les suggestions de ces vices dans leurs cœurs ; que sont-ils sinon un autel d'airain ? sur lequel la chair brûle, parce que les œuvres charnelles sont encore pleurées par eux. Mais d'autres, libres des vices charnels, brûlent de la flamme de l'amour dans les larmes de la componction, ils désirent être présents avec les citoyens d'en haut, ils désirent voir le Roi dans sa beauté, et ne cessent de pleurer chaque jour par amour pour lui ; que sont-ils sinon un autel d'or ? dans le cœur desquels les parfums sont allumés, parce que les vertus brûlent ; mais cet autel d'or est devant le voile, parce que les cœurs des saints brûlent d'un saint désir pour celui qu'ils ne peuvent encore voir à visage découvert. »

Ainsi saint François, interrogé : « Quelles prières sont les plus agréables à Dieu ? » répondit : « Celles qu'accompagne la mortification de sa propre chair. » Billius dit magnifiquement dans ses Emblèmes :

De peur que tes prières ne suivent leurs fruits d'un pied boiteux,
Fais que ta chair tombe dans la mort avec tes vices.
Le double autel du temple enseignait jadis cela sans paroles :
L'un avait de l'encens, mais l'autre avait des brebis égorgées.
Celui qui immolait ses membres offrait des bêtes égorgées :
Celui qui fait de pieux vœux, celui-là donnait de l'encens à Dieu.

DE BOIS D'ACACIA — quant aux planches qui l'entouraient. Car intérieurement, dans sa partie inférieure, cet autel, jusqu'à son milieu, était plein de pierre brute ; mais dans sa partie supérieure il était entièrement couvert par une grille d'airain : c'est pourquoi cet autel d'acacia ressemblait à un coffre carré, dépourvu de fond et de couvercle, et creux à l'intérieur.

De plus, ces planches d'acacia étaient couvertes d'épaisses lames d'airain, de peur qu'elles ne fussent endommagées par le feu voisin ; bien plus, Lipomanus estime non sans vraisemblance que, par miracle, les planches furent préservées intactes du feu, et les sacrifices des mouches. C'est pourquoi les idolâtres, qui étaient tourmentés par les mouches durant leurs sacrifices, adoraient le dieu Béelzébub pour les chasser. Saint Jérôme sur Ézéchiel 41, et d'autres cités par Bède, estiment que ce bois d'acacia fut apporté du paradis terrestre, et qu'il était semblable à la pierre d'amiante, qui n'est pas atteinte par le feu, mais en sort plus pure, dont j'ai parlé plus haut.


Verset 2 : Les cornes aux quatre angles

2. ET LES CORNES AUX QUATRE ANGLES SERONT DE LUI-MÊME. — « Cornes », c'est-à-dire des angles saillants en forme de cornes, pour l'ornement de l'autel, seront tirées non d'ailleurs, mais de l'airain même de l'autel, d'un travail continu.


Verset 3 : Pinces, fourchettes et réceptacles à feu

3. ET TU FERAS, etc. DES PINCES. — En hébreu, יעים iaim ; les Septante traduisent par couvercles, d'autres par balais ; la racine יעה iaa signifie enlever : d'où iaim sont des instruments avec lesquels nous prenons ou enlevons quelque chose, tels que des pinces et des pelles, c'est-à-dire des bêches, comme notre Traducteur le rend, Nombres 4, 14. Pagninus pense que notre Traducteur, à savoir saint Jérôme, traduit ce mot iaim dans les livres des Rois et des Chroniques tantôt par plats, tantôt par louches, tantôt par crocs à viande, tantôt par fourchettes.

Mais il n'a pas suffisamment perçu la pensée et la pratique de saint Jérôme et de la Sainte Écriture, qui ni ici ni ailleurs n'énumère entièrement d'un coup et distinctement tous les vases du tabernacle ou du temple ; c'est pourquoi elle omet communément les couvercles des marmites et des chaudrons, mais pose tantôt ceux-ci, tantôt ceux-là. Voyant cela, saint Jérôme dans sa traduction n'a pas rendu mot à mot, et ne s'est pas lié à l'énumération hébraïque des vases du passage présent, surtout s'il en avait fait mention ailleurs ; mais il a exprimé indifféremment quelques vases qu'il savait appartenir au tabernacle, embrassant le reste dans une clause générale, en disant : « Et les autres vases. »

De plus, dans ce passage il a omis les coupes, qui sont exprimées dans l'hébreu, parce qu'il les avait nommées au chapitre 25, 29, où se trouvait leur place propre : car ces coupes n'étaient conservées non pas sur l'autel des holocaustes, mais sur la table des pains de proposition, afin d'en être tirées quand on en avait besoin, pour faire les libations sur l'autel des holocaustes.

ET DES FOURCHETTES — avec lesquelles on tire la chair de la marmite. C'est pourquoi les Septante les traduisent par crocs à viande, parce qu'elles servent à saisir la chair, qu'elles fussent à trois dents ou à une seule dent. C'est pourquoi notre Traducteur rend le mot hébreu מזלגת mizleget par fourchettes, tridents et crochets, c'est-à-dire des fourchettes aussi bien à trois dents qu'à une seule.

ET DES RÉCEPTACLES À FEU — c'est-à-dire des vases pour recueillir les charbons ardents. C'est pourquoi certains traduisent par encensoirs ; les Septante par foyer : ces vases servaient entre autres à ceci, que dans ceux-ci le feu sacré tiré de l'autel de l'holocauste fût porté à l'autel de l'encens le soir et le matin, pour y brûler l'encens ; car, comme je le dirai au chapitre 30, l'encens n'était pas brûlé directement sur l'autel lui-même, mais dans ces encensoirs placés sur l'autel. Ainsi Bède, livre II, chapitre 10.


Verset 4 : Une grille en forme de filet

4. ET UNE GRILLE EN FORME DE FILET, D'AIRAIN. — Les Hébreux, Abulensis et Lyranus pensent que cette grille n'était pas habituellement placée à l'intérieur de l'autel, mais se trouvait autour de sa circonférence, comme une sorte de ceinture élevée d'une coudée et demie, jusqu'au milieu de l'autel, et cela uniquement pour l'ornement et la beauté de l'autel. Mais cette opinion contredit le texte de la Sainte Écriture, qui place cette grille non à l'intérieur, mais sur l'autel.

Je dis donc : Cette grille couvrait la partie supérieure, ou surface de l'autel, de telle manière cependant qu'elle pût commodément être introduite dans l'autel et en être retirée quand il était nécessaire. Sur cette grille, la chair des victimes à brûler était placée, et en conséquence elle était entièrement d'airain, et faite en forme de filet ; de cette grille pendait un petit foyer, de la même longueur et largeur que la grille. Ce petit foyer était attaché à la grille supérieure par de longs clous d'airain, ou plutôt des tiges ou des lames, de sorte qu'entre la grille et le foyer il y avait un espace d'une coudée et demie : car cette grille était au milieu de l'autel, comme il est dit au chapitre 38, verset 4 ; et la hauteur de l'autel était de trois coudées, d'où l'on dit aussi que la grille atteignait le milieu de l'autel ici au verset 5, non par elle-même, mais par ce foyer qui lui était attaché ; car ce foyer était comme le fond de la grille, dans lequel se terminait pour ainsi dire le corps même de la grille.

Ce petit foyer était comme un âtre, dans lequel le feu brûlait, et on y plaçait du bois pour brûler les sacrifices placés sur la grille ; et en conséquence il était entièrement d'airain, de même que la grille elle-même. C'est pourquoi il est aussi vraisemblable qu'il y avait une fenêtre, ou petite porte dans le côté de l'autel, par laquelle on pouvait introduire le bois, et extraire les cendres et les charbons, comme le rapporte Bède d'après la description de Cassiodore, livre II, chapitre 12, et Richard de Saint-Victor, bien que Ribera nie cette petite porte : Parce que, dit-il, la grille pouvait être tirée vers le haut, et alors on plaçait du bois sur son foyer. Mais cela eût été difficile et pénible, surtout quand des victimes avaient déjà été placées sur la grille ; car souvent il fallait placer du bois sous les mêmes victimes, pour qu'elles fussent entièrement brûlées : d'où souvent, avec la même victime, il aurait fallu retirer la grille.

De plus, dans ce foyer il y avait quatre anneaux d'airain, dans lesquels deux barres étaient insérées, pour le porter avec la grille séparément des planches de l'autel. Et ces anneaux étaient aux quatre extrémités inférieures du foyer, et c'est pourquoi ici, au verset 5, ils sont dits être sous le foyer.

De là il est clair que l'opinion d'Abulensis et de Villalpando, livre IV, Sur le Temple, chapitre 81, n'est pas vraie, à savoir que le bois devait être placé non sur le foyer ou le brasier, dont ils nient qu'il appartienne à la grille, mais sur l'autel ou la grille au-dessus, et que la chair de la victime à brûler devait être placée par-dessus. Car de ce qui a été dit il est établi que le bois était placé sur le feu, qui était sous l'autel dans le foyer : néanmoins je ne nie pas que du bois fût aussi placé sur l'autel lui-même ou la grille, surtout si la victime était grande, et qu'à cause de la multitude des victimes elle dût être brûlée et consumée rapidement ; car le feu, brisé et affaibli à travers le filet de la grille, n'avait pas assez de force pour brûler immédiatement les victimes plus grandes ; mais il avait assez de force pour consumer l'holocauste quotidien du soir : car celui-ci devait être brûlé toute la nuit à feu lent, comme il est clair d'après Lévitique 6, 9.

Enfin, autour de cet autel se trouvait une très grande multitude de prêtres et de lévites, surtout les jours de fête, quand de nombreuses victimes devaient être sacrifiées. Car les uns les égorgeaient, d'autres les écorchaient, d'autres les découpaient, d'autres les lavaient, etc., mais tous avec un merveilleux silence et une grande révérence. Écoutez Aristée, dans son livre Sur les Septante Traducteurs : « Un tel silence y règne que, bien que près de sept cents ministres soient continuellement présents, et que la multitude de ceux qui offrent les libations soit immense, vous penseriez qu'il n'y a pas une seule personne présente en ce lieu : car toutes choses sont accomplies avec la plus grande vénération et une grande piété envers Dieu. »


Verset 8 : Creux à l'intérieur

8. TU LE FERAS CREUX À L'INTÉRIEUR. — Afin que, dans cette cavité de l'autel, il y ait un espace intérieur pour le feu et le bois, pour brûler les chairs placées au-dessus sur la grille.

Il faut comprendre que cet autel était creux jusqu'à sa moitié : car de là jusqu'au sol, il était rempli de terre, ou plutôt de pierre brute, comme je l'ai déjà dit.


Verset 9 : Le parvis du tabernacle

9. TU FERAS AUSSI LE PARVIS DU TABERNACLE. — Remarque : Ce parvis fut fait pour entourer le tabernacle et l'autel des holocaustes de tous côtés, tant pour l'ornement que par respect. Le tabernacle se tenait donc au milieu du parvis, comme la demeure de la gloire de Dieu conversant parmi les hommes, les écoutant et les guidant, afin que les Hébreux, invités par cette présence et cette gouvernance providentielle, adorent le seul vrai Dieu et s'abstiennent de l'idolâtrie.

Deuxièmement, ce parvis n'était pas couvert par le haut, mais était ouvert vers le ciel, ce que Daniel Barbarus, commentant Vitruve, livre VI, chapitre 5, appelle un cavaedium ; d'où Villalpando, livre III, Du Temple, chapitre 25, page 201, pense que atrium dérive du grec αἴθριον, comme si l'on disait aérien, en plein air, à ciel ouvert : bien que d'autres soutiennent que atrium est ainsi nommé parce qu'il s'élève de la terre, comme aterreum ou aterium ; et d'autres encore, parce que c'est à Atria en Étrurie que des parvis furent d'abord construits devant les maisons. Cependant, ce parvis était entouré sur ses côtés tout autour par des tentures, c'est-à-dire par des courtines ou des tapisseries faites de fin lin retors, et ces courtines étaient comme des murs ou des cloisons du parvis lui-même. De plus, ces courtines étaient suspendues à des colonnes de bronze, lesquelles étaient revêtues de plaques d'argent et avaient des chapiteaux d'argent, mais des bases de bronze.

Troisièmement, le parvis était carré, ou plutôt rectangulaire ; car il avait 100 coudées de long, 50 de large et 5 de haut, comme il ressort du verset 18 ; il était entouré de soixante colonnes de bronze, à savoir 20 du côté sud, 20 du côté nord, 10 à l'ouest et 10 à l'est ; et une colonne était distante d'une autre de 5 coudées : de plus, sur les colonnes saillaient des chevilles, c'est-à-dire des clous, auxquels les tentures, c'est-à-dire les courtines, étaient suspendues, comme je l'ai dit.

Quatrièmement, le parvis à son entrée avait, dit Philon et Abulensis, 50 coudées de longueur jusqu'au tabernacle, et autant en largeur, afin de pouvoir contenir le peuple. Car ce parvis était le lieu de prière du peuple : c'est pourquoi les Évangélistes et Josèphe l'appellent le temple. Car c'est dans ce parvis que le Christ demeura et enseigna, et c'est de là qu'il chassa les vendeurs et les acheteurs : car le Christ n'entra jamais dans le tabernacle, ni dans le Saint ; seuls les prêtres aaroniques avaient le droit d'y entrer. Dans ce parvis donc, les laïcs priaient, offraient leurs victimes aux prêtres, assistaient aux sacrifices et y prenaient part en festoyant, mangeant les victimes pacifiques devant le Seigneur, c'est-à-dire devant le tabernacle, qui était pour ainsi dire la maison de Dieu, comme il ressort de Deutéronome 12, 7 et chapitre 16, verset 11 ; car les laïcs ne pouvaient jamais accéder au parvis des prêtres, et par conséquent ni à l'autel des holocaustes qui s'y trouvait. Enfin, à l'entrée de ce parvis, les femmes après l'enfantement, les lépreux et les autres personnes impures étaient purifiés et lavés.

Cinquièmement, dans ce parvis se trouvaient une cuve de bronze et l'autel des holocaustes, sur lequel toutes les victimes étaient sacrifiées.

Sixièmement, le tabernacle n'avait qu'un seul parvis, dans lequel cependant il est probable que les prêtres et les Lévites avaient leurs propres emplacements désignés, près de l'autel des holocaustes. C'est pourquoi dans le temple de Salomon, où toutes ces choses furent plus magnifiquement disposées, il y avait un double parvis : l'un intérieur, près du tabernacle, où se trouvaient l'autel des holocaustes, la cuve de bronze et l'emplacement des prêtres ; le second, parvis extérieur des laïcs, que Salomon distingua du premier parvis des prêtres par un mur haut de trois coudées, de sorte que les laïcs de leur parvis pouvaient voir par-dessus ce mur dans le parvis des prêtres, et assister aux sacrifices qui y étaient accomplis sur l'autel des holocaustes, mais ne pouvaient y entrer.

Septièmement, aucun païen ni personne impure n'avait le droit d'entrer dans ce parvis sous peine de mort ; car le parvis était comme le temple du peuple, c'est pourquoi pour les païens et les impurs, Hérode construisit et ajouta un autre parvis tout extérieur, afin qu'ils pussent de loin assister aux rites sacrés et aux sacrifices. Villalpando ajoute, sur Ézéchiel, vol. II, page 243, que dans le temple de Salomon, l'autel des holocaustes était placé face à trois portes du parvis : parce qu'il était, dit-il, au milieu du parvis, de sorte que lorsqu'on ouvrait l'une quelconque des portes, orientale, méridionale ou septentrionale, l'autel lui-même et les holocaustes pouvaient être vus par le peuple à travers ces trois portes, et par conséquent par les païens depuis leur propre parvis, lequel avait trois portes correspondant également aux trois portes du parvis des prêtres et du peuple.

Mystiquement, le parvis signifiait les fidèles qui commencent à servir Dieu, le Saint ceux qui progressent, le Saint des Saints les parfaits et les bienheureux : c'est pourquoi dans le parvis il y avait la cuve ou le bassin, c'est-à-dire la pénitence ; et l'autel de l'holocauste, c'est-à-dire la mortification des vices. Ainsi parle Bède. Voir ce qui a été dit au chapitre 26, verset 1.

Ce parvis est donc l'arène et la poursuite de la vertu. « Dans cette vie, dit saint Augustin, lettre à Macedonius, la vertu n'est rien d'autre qu'aimer ce qui doit être aimé : l'aimer, c'est la prudence ; n'en être détourné par aucune peine, c'est la force ; par aucun attrait, c'est la tempérance ; par aucun orgueil, c'est la justice. » Et saint Ambroise sur le Psaume 118 : « Aucune vertu, dit-il, n'existe sans labeur, car le labeur est le progrès de la vertu. »

Un aiguillon est ce que donne Sénèque : « La vertu, dit-il, est la seule chose qui puisse nous accorder l'immortalité et nous rendre égaux aux dieux. » Le prix de la vertu est donc la vie bienheureuse : et les Stoïciens enseignaient que personne ne peut devenir bienheureux sans la vertu. D'où Horace, livre III, Ode 2 :

La vertu, qui ne connaît point la vile défaite,
Brille d'honneurs sans tache.
La vertu, ouvrant le ciel à ceux qui méritent de ne pas mourir,
Tente le chemin par une voie refusée aux autres.

Et Ovide, livre IV des Tristes, élégie 3 :

Emplis de tes vertus cette triste matière,
La gloire va son chemin par un sentier escarpé et abrupt.
Qui eût connu Hector, si Troie avait été heureuse ?
La route de la vertu se fait par les malheurs publics.

Le chemin vers la vertu est l'exercice. D'où Hésiode :

Avant la vertu les dieux ont placé la sueur :
Long et escarpé est le chemin qui y mène, et rude au début ;
Mais quand tu auras atteint le sommet, il sera facile désormais.

Et Aristote, Éthique II, 1 : « Les vertus ne sont pas en nous par nature, dit-il, ni contrairement à la nature ; mais nous sommes nés et faits pour elles, tant pour les recevoir par nature que pour les réaliser par l'habitude ; » et chapitre 3 : « Toute vertu morale a rapport aux plaisirs et aux peines, » celles-ci devant être endurées, ceux-là devant être modérés. Et livre I, chapitre 10 : « En aucune affaire humaine, dit-il, il n'y a autant de fermeté que dans les choses qui s'accomplissent par la vertu : car elles sont beaucoup plus fermes et plus stables que les sciences elles-mêmes ; et plus chaque vertu est excellente, plus elle est stable. »

La sentence de Pythagore est : « La meilleure vie doit être choisie par nous, et bientôt l'habitude elle-même la rendra agréable. Les richesses sont une ancre fragile, la gloire plus fragile encore, le corps de même, les magistratures, les honneurs : toutes ces choses sont faibles et dépourvues de force. Quelles sont donc les ancres solides ? La prudence, la magnanimité, la force ; aucune tempête ne les ébranle. Telle est la loi de Dieu, que la vertu seule est ce qui est puissant et solide : tout le reste n'est que bagatelles et sottises. » Tacite, livre IV des Annales : « La vertu, dit-il, est le bien propre de l'homme. » Quinte-Curce, livre VII : « La nature, dit-il, n'a rien placé si haut que la vertu ne puisse l'atteindre. » Le dogme des Stoïciens est : « il n'y a rien à rechercher hormis la vertu, rien à fuir hormis le vice. »

Théodota la courtisane, raillant Socrate : « Moi, dit-elle, je vous surpasse de loin. Car tandis que vous ne pouvez aliéner personne des miens à mon détriment, moi, quand il me plaît, j'appelle tous les vôtres à moi. » À quoi Socrate répondit : « Cela n'est pas surprenant : car vous, en effet, entraînez tout le monde sur un chemin descendant, mais moi, je les contrains vers la vertu, dont l'ascension est ardue et inconnue de la plupart. »

Thomas More fit la même réponse à Luther lorsque celui-ci se vantait de la multitude de ses partisans.

Antisthène avait coutume de dire que la vertu est affaire d'actes, non de paroles.

La vertu tire son nom de vir (homme), dit Cicéron ; un esprit viril convient donc aux hommes et à la vertu.

Agapet le Diacre, écrivant à Justinien : De même, dit-il, que ceux qui ont commencé à monter un escalier ne cessent de monter avant d'avoir atteint la marche la plus haute : de même le fervent de la vertu s'efforcera toujours de monter plus haut.

Philon, dans son livre De la Plantation de Noé : De même, dit-il, que le soleil levant illumine tout le ciel de ses rayons : de même aussi les vertus par leurs rayons dans l'homme, quand elles ont pénétré tout l'esprit, le rendent très lumineux. Le même auteur, livre I des Allégories : De même, dit-il, que dans un animal, la première partie est la tête ; la deuxième, la poitrine ; la troisième, les reins : et dans l'âme, la première partie est la rationnelle ; la deuxième, l'irascible ; la troisième, la concupiscible : de même la première des vertus est la prudence, qui dirige la tête et la raison ; la deuxième, la force, qui compose la colère et stabilise la poitrine ; la troisième, la tempérance, qui s'occupe des reins et de la partie concupiscible.

Voilà ce que les païens et les Juifs ont dit de la vertu morale et naturelle ; que dira maintenant le chrétien de la vertu divine et surnaturelle, qui est l'œuvre de la grâce de Dieu ? Car sans celle-ci, personne ne peut tendre vers le Saint des Saints dans le ciel.

Venons-en maintenant au texte, et expliquons les difficultés qui se rencontrent dans le sens littéral.

TENTURES. — Ainsi sont communément appelées ici les courtines ou tapisseries, par lesquelles ce parvis était couvert de tous côtés. C'est pourquoi les Septante les traduisent par rideaux.


Verset 10 : Vingt colonnes avec des bases de bronze

10. ET VINGT COLONNES AVEC AUTANT DE BASES DE BRONZE. — En hébreu, et vingt colonnes, et vingt bases de bronze, à savoir tu feras. Car les colonnes du parvis n'étaient pas en bois, mais en bronze, de même que les bases. C'est pourquoi il n'est ici mentionné pour elles aucune autre matière que le bronze ; mais pour les colonnes du tabernacle, une autre matière est spécifiée, à savoir le bois de sétim, comme il ressort du chapitre 26, versets 32 et 37. De plus, que les colonnes du parvis fussent de bronze et non de bois, notre Traducteur l'enseigne expressément dans la construction du tabernacle, chapitre 38, versets 10 et 12. Philon se trompe donc quand il dit que ces colonnes étaient faites de cèdre, et affirme pareillement que les planches du tabernacle étaient faites de cèdre : car il pense que le sétim est du cèdre.

De même donc qu'entre le Saint et le Saint des Saints, il y avait quatre colonnes de bois de sétim doré, soutenant le voile couvrant le Saint des Saints ; de même encore qu'à l'entrée du Saint ou du tabernacle, il y avait cinq colonnes semblables, soutenant le rideau du tabernacle : de même autour du tabernacle et du parvis, il est ordonné ici de faire 60 colonnes de bronze, à savoir 20 du côté sud et 20 du côté nord, 10 à l'ouest et 10 à l'est, auxquelles devaient être suspendues des courtines qui entoureraient et enfermeraient le parvis comme des murs.

LESQUELLES AURONT DES CHAPITEAUX D'ARGENT AVEC DES CISELURES. — En hébreu et en chaldéen : d'argent seront les chapiteaux des colonnes avec des bandes, ou anneaux, qui seront tirés autour des colonnes avec des fils d'argent : car la lettre hébraïque ו vav signifie un clou à crochet, ou la tête d'un clou ; d'où le nom vav fut donné à la lettre. Les Septante ne s'y opposent pas non plus, eux qui traduisent : et leurs colonnes, et les agrafes des colonnes seront couvertes d'argent, ce qu'il est surprenant que la Bible complutensienne traduise par et leurs agrafes, et leurs pinces seront plaquées d'argent : car ψαλίς est un anneau, que notre Traducteur appelle ciselure ; mais ψαλίδες chez Vitruve sont des pierres saillantes ou frontales, ou ce qui fait saillie dans un arc ou un édifice, de la même manière que, par une forme semblable, les Septante appellent les chapiteaux saillants des colonnes. Ainsi je traduis les Septante de cette façon : et les anneaux des colonnes, et leurs chapiteaux saillants seront plaqués d'argent, ce qui est la même chose que ce que disent l'hébreu, le chaldéen et notre Traducteur. Ces ciselures n'étaient donc pas des incisions ou des sculptures, mais de fines plaques, ou des fils entourant et encerclant tant les chapiteaux des colonnes que leur corps et leurs bases ; car c'est ce que signifient le grec περικεχρυσωμέναι et l'hébreu חשוקים chaschukim, comme il ressort du chapitre 38, versets 10 et 12. Ainsi Abulensis.


Verset 11 : Du côté nord

11. DE MÊME AUSSI DU CÔTÉ NORD (qui est le côté de la longueur du parvis, tout comme le côté sud qui lui fait face) DANS LA LONGUEUR IL Y AURA DES TENTURES (courtines de fin lin) DE CENT COUDÉES. — Car la longueur du parvis était de cent coudées ; c'est pourquoi ses courtines s'étendaient sur 100 coudées en longueur, tant du côté sud que du côté nord. Car de ce côté on en voyait la longueur, de même que sa largeur se voyait des côtés est et ouest ; le parvis était donc rectangulaire : car sa longueur était le double de sa largeur. Il avait en effet 100 coudées de long, mais 50 de large.

Josèphe affirme que le tabernacle était placé au milieu du parvis, ce que certains entendent précisément du milieu géométrique, et soutiennent en conséquence que le tabernacle avait devant lui, du côté de sa longueur, à savoir vers l'est, 35 coudées de parvis ; derrière lui, vers l'ouest, il avait autant de coudées de parvis : car deux fois 35 font 70, auxquels ajoutés les 30 coudées de la longueur propre du tabernacle font 100 coudées, qui était la longueur de tout le parvis.

Mais puisque 35 coudées derrière le tabernacle auraient été largement inutiles, et auraient beaucoup réduit l'espace antérieur du parvis, où le peuple se rassemblait principalement pour les rites sacrés et les sacrifices qui s'accomplissaient devant le tabernacle dans cette partie antérieure ou orientale du parvis — car un espace de 35 coudées ne pouvait contenir tant de peuple — il est donc plus probable, comme le disent Philon, Abulensis et d'autres, que le tabernacle était à égale distance des trois côtés du parvis, à savoir des deux côtés latéraux et de l'arrière. Cette distance était de 20 coudées ; le tabernacle avait donc devant lui non pas 35, mais 50 coudées de parvis, qui contenaient un nombre immense de personnes. Car si l'on ajoute à ces 50 coudées de parvis les 30 coudées de la longueur propre du tabernacle, et enfin les 20 coudées de parvis derrière le tabernacle, on obtiendra 100 coudées, qui était la longueur de tout le parvis.

De même, du côté nord, le tabernacle était distant des colonnes et du périmètre du parvis de vingt coudées, et autant du côté sud ; car si l'on ajoute à ces 40 coudées de parvis, qui proviennent de vingt de chaque côté, les 10 coudées de la largeur propre du tabernacle, on obtiendra 50 coudées, qui était la largeur de tout le parvis.

Remarque : Chaque colonne du parvis avec sa courtine avait cinq coudées de haut, comme il ressort du verset 18 ; mais le tabernacle avait le double de hauteur : car il avait dix coudées de haut, et cela afin d'être bien visible et de pouvoir être vu de loin depuis l'extérieur du parvis.

Tropologiquement, Rupert dit : Les soixante colonnes du parvis, à savoir 20 du sud, 20 du nord, 10 de l'est et 10 de l'ouest, signifient le labeur assidu et constant dans l'observance des préceptes de Dieu, par lesquels nous tendons vers le ciel. Car six signifie le temps de la vie présente, 10 le Décalogue (et six fois dix font 60, qui est le nombre de colonnes du parvis), dont l'observance parfaite durant toute notre vie nous fera parvenir à la perfection future de la gloire dans le ciel.

Que celui donc qui y aspire, et vers le sommet de la vertu, travaille et soit constant comme une colonne, selon cette parole d'Horace, livre III des Odes :

L'homme juste, ferme en son dessein,
Ni le zèle des citoyens ordonnant le mal,
Ni le visage d'un tyran menaçant,
Ne l'ébranlent en sa résolution solide,
Ni la puissante main de Jupiter foudroyant.

Car la constance est nécessaire pour vaincre, premièrement, la mollesse de l'âme et l'inclination aux plaisirs qui nous sont innées ; deuxièmement, pour surmonter les difficultés ardues et les tentations qui surviennent dans les œuvres de vertu, surtout héroïques ; troisièmement, la constance est requise pour la persévérance. Car beaucoup commencent bien, mais se relâchent peu à peu.

Diogène, comme l'atteste Laërce au livre VI, dit à quelqu'un qui lui conseillait de se reposer de ses labeurs maintenant qu'il était vieux : « Quoi, dit-il, si je courais dans le stade, faudrait-il ralentir sa course quand on est près du but, ou plutôt redoubler d'efforts ? » — comme pour dire : je ne dois pas me refroidir quand j'approche de la fin de la vie et de la lutte, mais plutôt m'enflammer davantage.

Un miroir de constance fut Caton d'Utique, que ses amis, alors que ses affaires étaient désespérées, exhortaient à recourir à la clémence de César ; il répondit : « C'est à ceux qui ont été vaincus, et qui ont commis des fautes, de supplier ; Caton n'a été ni vaincu ni pris, lui qui s'est montré invaincu durant toute sa vie, et qui a de loin surpassé César en honneur et en justice. »

Et Socrate, qui condamné à mort, se tournant vers les juges : « Il faut obéir, dit-il, à Dieu immortel plutôt qu'à vous. Aussi longtemps que je respirerai, je ne cesserai de philosopher et de vous exhorter. » Telle était sa maxime : « De même qu'une statue ou une colonne repose sur sa base, ainsi un homme de bien, s'appuyant sur un principe honorable, ne doit en aucune façon être ébranlé. » C'est pourquoi Xanthippe, l'épouse de Socrate, déclarait à son sujet qu'elle l'avait toujours vu revenir chez lui avec la même expression que celle avec laquelle il était parti.

Théodore, à Lysimaque qui le menaçait de la mort la plus cruelle : « Menacez de ces choses, dit-il, vos courtisans vêtus de pourpre ; peu importe à Théodore s'il pourrit en terre ou sur une croix. »

Sénèque : « L'homme de bien, dit-il, est celui qui a conduit son âme, par sa disposition, à un tel état qu'il non seulement ne veut pas pécher, mais n'en est même pas capable. »

Anaxarque, alors qu'il était broyé dans un rocher creux par Nicocréon, tyran de Chypre, dit d'un esprit inébranlable : « Broie, broie le vase d'Anaxarque ; mais la constance d'Anaxarque, tu ne la briseras pas. »

Zénon avait coutume de dire : « Il est plus facile de submerger une outre gonflée que de contraindre un homme droit à faire quoi que ce soit contre sa volonté. Car une âme invincible, confirmée dans les décrets de la droite raison, ne cède à personne. »

Lorsque Rome fut prise par Alaric, un Goth invita une très belle femme à son service et à son amour. Mais quand il vit qu'elle résistait à sa luxure par dévouement à la chasteté, il dirigea une épée nue vers sa gorge, et finalement la frappa même. Quand la jeune fille, tout inondée de sang, ne voulut même pas alors céder dans sa résolution, alors, admirant sa constance, il la conduisit à la basilique de saint Pierre, et lui donnant six pièces d'or pour sa subsistance, la recommanda aux gardiens du temple. Ainsi Sigonius, livre X, De l'Empire d'Occident.

Bien connue est la constance des saints Vincent, Laurent, Ambroise, Athanase, Antoine, Hilarion, Lucie, Agnès, Mattathias, les Maccabées, etc.

La même chose que les colonnes signifient est aussi signifiée par les 50 coudées de la largeur du parvis : car le nombre cinquante signifie les commencements des croyants, qui sont célébrés dans la rémission des péchés et l'espérance de la béatitude future.

La même chose est signifiée par les 100 coudées de la longueur du parvis : car le nombre cent, qui provient de dix multiplié par lui-même (car dix fois dix font cent), qui est le double de 50, porte la figure de la vie céleste : c'est pourquoi Noé en sa centième année acheva l'arche ; à Abraham centenaire naît le fils de la promesse Isaac ; Abraham centenaire voyage dans la terre de la promesse ; Isaac reçut le centuple de la semence semée à Gérar, c'est-à-dire dans son pèlerinage : ainsi le Christ promit le centuple à ceux qui quittent les choses temporelles, c'est-à-dire une joie abondante provenant de la fraternité, et de l'espérance de la vie céleste dès maintenant, et ensuite, à savoir au ciel, une joie immense provenant de la possession du royaume céleste.

Le parvis a donc cent coudées, parce que ceux qui sont enfants de l'Église doivent prendre sur eux le labeur de la patience temporelle et de la continence en vue de la vie éternelle dans le ciel. Ainsi parle Bède.

Saint Jean Chrysostome, Homélie 77 sur Matthieu : « Se tenir toujours debout, dit-il, et n'être jamais tombé, cela est divin et admirable. »

Saint Grégoire de Nazianze, discours Sur lui-même : « Moi, dit-il, je suis le même, et je ne change pas, comme les polypes sur les rochers auxquels ils s'accrochent. »

Saint Cyprien, livre IV, lettre 3 : « Il convient à des hommes graves, une fois fondés avec une solide stabilité sur un rocher ferme, de n'être ébranlés, je ne dis pas par une brise légère, mais pas même par un vent, ni par une tempête. »

Saint Anselme dans les Similitudes, chapitre 173 : « Une pierre carrée, dit-il, a six côtés égaux ; sur quelque côté qu'elle tombe, elle restera ferme. Ainsi l'homme juste doit veiller à persister dans sa résolution. Et les six côtés de cette pierre sont les suivants : la prospérité, l'adversité, la liberté personnelle, la sujétion, être dans le secret, et être en public ; dans chacune de ces situations, s'il est poussé par le diable, qu'il tienne bon, et ne soit pas ébranlé de sa résolution. »

Revenons maintenant aux colonnes du parvis.

Ainsi saint François, lorsqu'on lui demanda comment il pouvait endurer le froid et le gel de l'hiver dans un vêtement si mince, répondit : « Si nous étions couverts par la flamme de la patrie céleste par le désir, nous nous protégerions facilement de ce froid. »

Et sainte Dorothée, torturée par le préfet Fabricius, alors qu'elle était conduite au supplice capital : « Je me réjouis, dit-elle, de ce que je vais vers mon Époux, dont le paradis, fertile en toutes sortes de fleurs, fleurit plus magnifiquement qu'on ne saurait dire. » Et de ce paradis, après sa mort, elle envoya des roses en février à Théophile qui les avait demandées, et le convertit ainsi au Christ. Voulez-vous être parfait ? Voulez-vous être céleste ? Pensez aux choses célestes, aspirez aux choses d'en haut, accomplissez la volonté de Dieu. Or « la volonté de Dieu, que le Christ a accomplie et enseignée, est l'humilité dans la conduite, la stabilité dans la foi, la modestie dans les paroles, la justice dans les actes, la miséricorde dans les œuvres, la discipline dans les mœurs ; ne pas savoir faire l'injure, et pouvoir la tolérer quand elle est faite, garder la paix avec ses frères, aimer Dieu de tout son cœur ; aimer en Lui ce qui est le Père, craindre ce qui est le Seigneur, ne rien préférer au Christ, parce qu'Il ne nous a rien préféré, » dit saint Cyprien, traité De la Prière du Seigneur.


Verset 13 : La largeur orientale du parvis

Verset 13. DANS CETTE LARGEUR DU PARVIS AUSSI, QUI REGARDE VERS L'ORIENT, IL Y AURA CINQUANTE COUDÉES. — Le sens de ce verset et des suivants jusqu'au verset 17 est celui-ci : De même que la longueur du parvis sera de cent coudées, ainsi la largeur sera de 50 coudées, et cela de chaque côté, tant à l'Occident, comme je l'ai dit au verset précédent, qu'à l'Orient, comme je le dis ici. Ces 50 coudées de largeur dans le parvis devant le tabernacle, à savoir dans la partie orientale du parvis, par leurs colonnes et leurs voiles qui l'entourent et l'enferment, doivent être distribuées de sorte qu'un passage et une entrée vers le parvis et le tabernacle soient ouverts par les 20 coudées du milieu ; les trente restantes doivent être réparties de chaque côté, de sorte que 15 coudées restent au Sud, et autant au Nord, avec trois colonnes et bases de chaque côté. De là il résulte qu'entre chaque colonne il y avait 5 coudées, ou qu'un voile de 5 coudées était interposé. Car il y avait dix colonnes dans la largeur du parvis : or cinq fois dix font cinquante, ce qui était la largeur du parvis.


Verset 16 : L'entrée du parvis

Verset 16. MAIS À L'ENTRÉE DU PARVIS, IL Y AURA UN RIDEAU DE VINGT COUDÉES, D'HYACINTHE, DE POURPRE, D'ÉCARLATE DEUX FOIS TEINTE, ET DE FIN LIN RETORS ; IL AURA QUATRE COLONNES. — Ici est décrite l'entrée et, pour ainsi dire, la porte du parvis, qui était par conséquent plus splendide. Car elle avait un voile brodé de fin lin, de pourpre, d'écarlate et d'hyacinthe, tandis que les autres voiles du parvis étaient de simple fin lin. Cette entrée avait quatre colonnes, auxquelles ce voile était suspendu, et par conséquent elle était large de 20 coudées : car chaque colonne était distante de 5 coudées d'une autre, comme je l'ai dit ; entre ces quatre colonnes, il y avait, comme il est évident, trois passages interceptés, par lesquels, lorsque le voile était tiré en arrière ou relevé, l'entrée dans le parvis était ouverte.


Verset 17 : Colonnes revêtues de plaques d'argent

Verset 17. TOUTES LES COLONNES DU PARVIS TOUT AUTOUR SERONT REVÊTUES DE PLAQUES D'ARGENT. — Non pas que les colonnes entières fussent couvertes de ces plaques, comme l'arche, la table et les planches du tabernacle étaient entièrement couvertes de plaques d'or ; mais plutôt que ces colonnes étaient entourées tout autour de minces plaques d'argent, semblables à des fils, l'espace intermédiaire entre les bandes étant laissé vide, ce qui est comme un ouvrage ajouré, et s'appelle ciselure, comme notre Interprète le nomme communément ici : car c'est ce que signifie le mot hébreu חשׁוק chashuc, nom que Moïse n'a pas employé pour les plaques de l'arche, de la table et des planches : car là il a utilisé le mot צפה tsippa, qui signifie couvrir ou recouvrir. Ainsi Abulensis.


Verset 18 : Bases de bronze

Verset 18. ET IL AURA DES BASES DE BRONZE. — Josèphe, livre III, chapitre 5, dit que ces bases de bronze étaient pointues, semblables au bas d'une lance, et qu'elles étaient ainsi fixées en terre par leur tranchant.


Verset 19 : Les cérémonies et les pieux

Verset 19. ET LES CÉRÉMONIES. — En hébreu, pour tout culte, ou ministère cérémoniel pour adorer Dieu. Ainsi notre Interprète entend le mot « cérémonie », chapitre XXXVIII, verset 21 ; autrement ce mot « cérémonie » signifie généralement les préceptes cérémoniels, qui prescrivent le rite du culte divin selon le bon plaisir de Dieu lui-même.

VOUS FEREZ TANT SES PIEUX QUE CEUX DU PARVIS EN BRONZE. — Les pieux, c'est-à-dire les clous, qui furent faits à cet effet tant dans le parvis que dans le tabernacle, afin que, fixés aux sommets des colonnes, ils fissent saillie vers l'extérieur, et qu'au moyen des cordes des voiles ou des rideaux placées sur eux, ils les soulevassent ainsi du sol et les suspendissent. Josèphe ajoute que des anneaux furent aussi fabriqués, dans lesquels des cordes étaient enfilées, lesquelles, fixées au sol par des clous d'or longs d'une coudée, assuraient les colonnes et fortifiaient le tabernacle contre la force des vents.


Verset 20 : Huile d'oliviers

Verset 20. QU'ILS T'APPORTENT DE L'HUILE D'OLIVIERS, TRÈS PURE, ET BROYÉE AU PILON. — Note : les Septante traduisent « broyée », comme pour dire : Non pas moulue, qui est pleine de lie et de résidus, mais soit coulant spontanément, soit certainement exprimée par le battage au pilon de la seule chair, ou pulpe, de l'olive.


Versets 20 et 21 : Le tabernacle du témoignage

Versets 20 et 21. AFIN QUE LA LAMPE BRÛLE TOUJOURS DANS LE TABERNACLE DU TÉMOIGNAGE. — Au lieu de « témoignage », l'hébreu porte מועד moed, qui premièrement signifie « témoignage », tout comme עיד heid, dont il dérive, signifie « témoigner ». Deuxièmement, proprement et véritablement moed signifie assemblée, congrégation, rassemblement, église, de la racine יעד iaad, c'est-à-dire « se rassembler ». Le tabernacle est donc appelé moed, c'est-à-dire « de l'assemblée », parce que là Dieu rencontrait Moïse et parlait avec lui, comme il est clair au chapitre XXV, verset 22, et au chapitre XXIX, verset 42. Notre Interprète, toutefois, traduit moed par « témoignage », et l'appelle le « tabernacle du témoignage », parce que le tabernacle contenait la loi, qui était le témoignage de la volonté et de l'alliance divines.


Verset 21 : En dehors du voile

Verset 21. EN DEHORS DU VOILE QUI EST ÉTENDU DEVANT LE TÉMOIGNAGE. — « Le témoignage », c'est-à-dire l'arche contenant le témoignage, c'est-à-dire la loi, ou les tables de la loi. De là Œcuménius sur le chapitre IX aux Hébreux, et Élie de Crète, dans le Discours 3 Sur la théologie de Grégoire de Nazianze après le début, comptent trois tabernacles : le premier, le plus extérieur, à savoir le parvis, qui était clos par des rideaux sur les côtés mais ouvert par le haut, dont Moïse a traité dans ce chapitre, lequel selon eux est appelé par l'Apôtre, Hébreux IX, 1, le « sanctuaire terrestre », ou comme il est en grec, κόσμικον, c'est-à-dire « mondain », parce qu'il était commun à tous, dit saint Jean Chrysostome : dans celui-ci se trouvait l'autel de bronze des holocaustes à ciel ouvert. Le second tabernacle était le Saint, qui était comme le temple des prêtres, que l'Apôtre appelle le « premier tabernacle » : celui-ci était clos de tous côtés et relié au Saint des Saints : dans celui-ci se trouvaient le candélabre, l'autel de l'encens et la table des pains de proposition. Le troisième tabernacle était le Saint des Saints, ouvert seulement au grand prêtre : en lui se trouvaient l'arche avec le propitiatoire et les Chérubins, de même l'urne avec la manne et la verge d'Aaron. Mais sur cette matière j'ai parlé à Hébreux IX, 1.

QU'ELLE BRILLE JUSQU'AU MATIN DEVANT LE SEIGNEUR. — De là il est clair que les lampes ne brûlaient pas pendant le jour dans le candélabre, bien que Cajétan et Lipomanus le pensent, mais seulement la nuit ; c'est pourquoi ce qu'il a dit un peu avant : « Afin que la lampe brûle toujours », il l'explique ici de sorte que « toujours » signifie la même chose que « chaque nuit » ; le soir donc les prêtres allumaient les lampes, pour qu'elles brûlassent toute la nuit ; mais le matin ils les éteignaient, les nettoyaient, les arrangeaient et y versaient de l'huile. Qu'il en soit ainsi est clair tant de ce passage que du Lévitique chapitre XXIV, 3, et de II Paralipomènes chapitre XIII, 11, et de I Rois III, 3. Ainsi Abulensis, Oleaster et d'autres.

Josèphe, toutefois, livre III des Antiquités, chapitre IX, affirme que le prêtre le matin éteignait quatre lampes et laissait les trois restantes continuer de brûler ; mais le soir il rallumait les quatre qu'il avait éteintes le matin, de sorte que les sept brillassent pendant la nuit. Cette opinion semble être appuyée par le fait que le tabernacle était couvert de tous côtés tant le jour que la nuit, et n'avait aucune fenêtre par laquelle il pût admettre la lumière ; il semble donc avoir eu besoin de quelque lampe brûlant même pendant le jour.

Mais cela n'est pas si certain : car Josèphe n'a pas vu ce tabernacle, mais le temple ; et l'Écriture dans les trois ou quatre passages déjà cités ne fait aucune mention de quelque lampe brûlant pendant le jour, mais affirme simplement et constamment que la lampe était allumée le soir et brillait jusqu'au matin ; par quoi elle laisse suffisamment entendre qu'elle était éteinte le matin, et par « lampe » elle entend non pas une seule, mais les sept, semble-t-il, qui se trouvaient dans le candélabre. Car j'ai dit auparavant que le tabernacle admettait la lumière par le voile de devant lorsqu'il était tiré en arrière et relevé quelque peu : car ce voile servait de porte dans le tabernacle.

On dira : Josèphe, livre VIII des Antiquités, chapitre II, dit que Salomon fit un candélabre qui brûlerait pendant le jour.

Je réponds : en grec, au lieu de « pendant le jour », le texte porte καθ' ἡμέραν, qui signifie littéralement « de jour en jour », c'est-à-dire « quotidiennement », ce qui est vrai, parce que la lampe devait brûler quotidiennement pendant la nuit : autrement Josèphe serait entièrement contraire à l'Écriture, puisqu'il dit que cela devait se faire selon la prescription de la loi : car l'Écriture ne commande nulle part qu'une lampe soit allumée pendant le jour ; bien au contraire, ici et ailleurs, elle commande de ne l'allumer que pendant la nuit.

Dans le Saint, donc, les lampes ne brûlaient que la nuit, et toutes pour un mystère, à savoir pour signifier que les lampes vivantes, c'est-à-dire les docteurs et les prêtres, n'illuminent les plus ignorants que dans la nuit de ce siècle, c'est-à-dire dans cette Église (de là Platon a dit : « Les hommes bons n'ont pas besoin d'une longue vie, mais d'une vie glorieuse et illustre ») ; car au jour de l'éternité, quand nous serons dans le Saint des Saints, il n'y aura nulle lampe, nul soleil, nulle lune ; mais sa lampe est l'Agneau, Apocalypse chapitre XXI, verset 23. C'est pour cette raison aussi que dans le Saint des Saints il n'y avait aucun candélabre placé ; mais toutes choses y étaient obscures, pour cacher Dieu qui y parlait, et pour signifier que nous ne contemplons la gloire future du ciel ici-bas qu'à travers les ténèbres et les énigmes. Ainsi Bède, livre III Sur le tabernacle, chapitre 1, et Radulphe, livre XVII sur le Lévitique, chapitre IV.


Culte perpétuel

LE CULTE SERA PERPÉTUEL. — Ce rite d'allumer les lampes le soir sera perpétuel, entendez : dans votre loi et votre religion, parce qu'il durera pendant tout le temps de la loi et du judaïsme ; de là il est ajouté « par leurs successions », à savoir des prêtres aaroniques, qui recevront continuellement des enfants d'Israël l'huile pour allumer les lampes chaque jour.

Mystiquement, le peuple offre l'huile, c'est-à-dire une conscience pure, féconde et dévote, afin que les prêtres l'enflamment du feu de la charité et de la lumière céleste. Ainsi Bède.