Cornelius a Lapide
Table des matières
Synopsis du chapitre
Les Hébreux, sur le point d'entrer dans la terre sainte, sont dénombrés à partir de vingt ans et au-dessus, par tribus individuelles, afin que la terre soit répartie entre eux.
Texte de la Vulgate : Nombres 26, 1-65
1. Après que le sang des coupables eut été répandu, le Seigneur dit à Moïse et à Éléazar, fils d'Aaron le prêtre : 2. Dénombrez la somme entière des enfants d'Israël, depuis l'âge de vingt ans et au-dessus, par leurs maisons et leurs parentés, tous ceux qui peuvent aller à la guerre. 3. Moïse et Éléazar le prêtre, se trouvant dans les plaines de Moab, au bord du Jourdain, en face de Jéricho, parlèrent donc à ceux qui avaient 4. vingt ans et au-dessus, comme le Seigneur l'avait ordonné ; et voici leur nombre : 5. Ruben, premier-né d'Israël. Son fils Hénoch, de qui vient la famille des Hénochites ; et Phallu, de qui vient la famille des Phalluites ; 6. et Hesron, de qui vient la famille des Hesronites ; et Charmi, de qui vient la famille des Charmites. 7. Ce sont là les familles de la souche de Ruben, dont le nombre se trouva être de quarante-trois mille sept cent trente. 8. Le fils de Phallu était Éliab. 9. Ses fils étaient Namuel, Dathan et Abiram. Ce sont ces Dathan et Abiram, princes du peuple, qui se soulevèrent contre Moïse et Aaron dans la sédition de Coré, lorsqu'ils se rebellèrent contre le Seigneur ; 10. et la terre, ouvrant sa bouche, engloutit Coré, beaucoup d'autres mourant, quand le feu brûla deux cent cinquante hommes. Et il se fit un grand miracle, 11. en ce que, Coré périssant, ses fils ne périrent pas. 12. Les fils de Siméon par leurs parentés : Namuel, de lui vient la famille des Namuélites ; Jamin, de lui vient la famille des Jaminites ; Jachin, de lui vient la famille des Jachinites ; 13. Zaré, de lui vient la famille des Zaréites ; Saül, de lui vient la famille des Saülites. 14. Ce sont là les familles de la souche de Siméon, dont le nombre total fut de vingt-deux mille deux cents. 15. Les fils de Gad par leurs parentés : Séphon, de lui vient la famille des Séphonites ; Aggi, de lui vient la famille des Aggites ; Suni, de lui vient la famille des Sunites ; 16. Ozni, de lui vient la famille des Oznites ; Her, de lui vient la famille des Hérites ; 17. Arod, de lui vient la famille des Arodites ; Ariel, de lui vient la famille des Ariélites. 18. Ce sont là les familles de Gad, dont le nombre total fut de quarante mille cinq cents. 19. Les fils de Juda, Her et Onan, qui moururent tous deux dans la terre de Canaan. 20. Et les fils de Juda par leurs parentés furent : Séla, de qui vient la famille des Sélaïtes ; Pharès, de qui vient la famille des Pharésites ; Zaré, de qui vient la famille des Zaréites. 21. En outre, les fils de Pharès : Hesron, de qui vient la famille des Hesronites ; et Hamul, de qui vient la famille des Hamulites. 22. Ce sont là les familles de Juda, dont le nombre total fut de soixante-seize mille cinq cents. 23. Les fils d'Issachar par leurs parentés : Thola, de qui vient la famille des Tholaïtes ; Phua, de qui vient la famille des Phuaïtes ; 24. Jasub, de qui vient la famille des Jasubites ; Semran, de qui vient la famille des Semranites. 25. Ce sont là les parentés d'Issachar, dont le nombre fut de soixante-quatre mille trois cents. 26. Les fils de Zabulon par leurs parentés : Saréd, de qui vient la famille des Sarédites ; Élon, de qui vient la famille des Élonites ; Jalel, de qui vient la famille des Jalélites. 27. Ce sont là les parentés de Zabulon, dont le nombre fut de soixante mille cinq cents. 28. Les fils de Joseph par leurs parentés : Manassé et Éphraïm. 29. De Manassé naquit Machir, de qui vient la famille des Machirites. Machir engendra Galaad, de qui vient la famille des Galaadites. 30. Galaad eut pour fils : Jézer, de qui vient la famille des Jézérites ; et Hélec, de qui vient la famille des Hélécites ; 31. et Asriel, de qui vient la famille des Asriélites ; et Sichem, de qui vient la famille des Sichémites ; 32. et Sémida, de qui vient la famille des Sémidaïtes ; et Hépher, de qui vient la famille des Héphérites. 33. Or Hépher était le père de Salphaad, qui n'avait pas de fils, mais seulement des filles, dont voici les noms : Maala, Noa, Hegla, Melcha et Thersa. 34. Ce sont là les familles de Manassé, et leur nombre fut de cinquante-deux mille sept cents. 35. Et les fils d'Éphraïm par leurs parentés furent ceux-ci : Suthala, de qui vient la famille des Suthalaïtes ; Bécher, de qui vient la famille des Béchérites ; Théhen, de qui vient la famille des Théhénites. 36. Or le fils de Suthala était Héran, de qui vient la famille des Héranites. 37. Ce sont là les parentés des fils d'Éphraïm, dont le nombre fut de trente-deux mille cinq cents. 38. Ce sont là les fils de Joseph par leurs familles. Les fils de Benjamin par leurs parentés : Béla, de qui vient la famille des Bélaïtes ; Asbel, de qui vient la famille des Asbélites ; Ahiram, de qui vient la famille des Ahiramites ; 39. Supham, de qui vient la famille des Suphamites ; Hupham, de qui vient la famille des Huphamites. 40. Les fils de Béla : Héred et Noéman. De Héred vient la famille des Hérédites ; de Noéman, la famille des Noémanites. 41. Ce sont là les fils de Benjamin par leurs parentés, dont le nombre fut de quarante-cinq mille six cents. 42. Les fils de Dan par leurs parentés : Suham, de qui vient la famille des Suhamites ; ce sont là les parentés de Dan par leurs familles. 43. Tous étaient des Suhamites, dont le nombre était de soixante-quatre mille quatre cents. 44. Les fils d'Aser par leurs parentés : Jemna, de qui vient la famille des Jemnaïtes ; Jessui, de qui vient la famille des Jessuites ; Brié, de qui vient la famille des Briéites. 45. Les fils de Brié : Héber, de qui vient la famille des Hébérites ; et Melchiel, de qui vient la famille des Melchiélites. 46. Et le nom de la fille d'Aser était Sara. 47. Ce sont là les parentés des fils d'Aser, et leur nombre fut de cinquante-trois mille quatre cents. 48. Les fils de Nephthali par leurs parentés : Jésiel, de qui vient la famille des Jésiélites ; Guni, de qui vient la famille des Gunites ; 49. Jéser, de qui vient la famille des Jésérites ; Sellem, de qui vient la famille des Sellémites. 50. Ce sont là les parentés des fils de Nephthali par leurs familles, dont le nombre fut de quarante-cinq mille quatre cents. 51. Telle est la somme des enfants d'Israël qui furent recensés : six cent un mille sept cent trente. 52. Et le Seigneur parla à Moïse, disant : 53. La terre sera divisée entre eux pour leurs possessions, selon le nombre des noms. 54. Au plus grand nombre vous donnerez une plus grande part, et au plus petit nombre une moindre ; à chacun, selon qu'ils ont été maintenant recensés, sera donnée une possession ; 55. de telle sorte cependant que la terre soit divisée par le sort entre les tribus et les familles. 56. Tout ce qui écherra par le sort, les plus nombreux ou les moins nombreux le recevront. 57. Voici aussi le nombre des fils de Lévi par leurs familles : Gerson, de qui vient la famille des Gersonites ; Caath, de qui vient la famille des Caathites ; Mérari, de qui vient la famille des Mérarites. 58. Voici les familles de Lévi : la famille de Lobni, la famille d'Hébroni, la famille de Moholi, la famille de Musi, la famille de Coré. Or Caath engendra Amram, 59. qui eut pour femme Jochabed, fille de Lévi, qui lui naquit en Égypte. Elle enfanta à Amram son mari les fils Aaron et Moïse, et Marie leur sœur. 60. D'Aaron naquirent Nadab et Abiu, et Éléazar et Ithamar ; 61. parmi lesquels Nadab et Abiu moururent, lorsqu'ils eurent offert un feu étranger devant le Seigneur. 62. Et tous ceux qui furent dénombrés étaient vingt-trois mille mâles, d'un mois et au-dessus ; car ils ne furent pas comptés parmi les enfants d'Israël, et aucune possession ne leur fut donnée avec les autres. 63. Tel est le nombre des enfants d'Israël qui furent inscrits par Moïse et Éléazar le prêtre, dans les plaines de Moab, au bord du Jourdain, en face de Jéricho. 64. Parmi lesquels il n'y eut pas un seul de ceux qui avaient été dénombrés auparavant par Moïse et Aaron dans le désert du Sinaï. 65. Car le Seigneur avait prédit qu'ils mourraient tous dans le désert. Et il ne resta personne d'entre eux, sinon Caleb, fils de Jéphoné, et Josué, fils de Noun.
Verset 1 : Le Seigneur dit à Moïse et à Éléazar
1. Après que le sang des coupables (ceux qui avaient forniqué avec les filles de Moab et de Madian, au chapitre précédent) eut été répandu, le Seigneur dit à Moïse et à Éléazar. — « Il dit, » à savoir par la colonne de nuée, reposant sur l'entrée du tabernacle, et non pas depuis le propitiatoire et le Saint des Saints ; car bien que Moïse pût y entrer chaque fois qu'il devait consulter Dieu sur quelque matière douteuse, cependant Éléazar le grand prêtre ne pouvait y entrer qu'une seule fois par an, à savoir à la fête de l'Expiation, selon la loi du Lévitique XVI, 2 et 19.
Verset 2 : Dénombrez la somme entière des enfants d'Israël
2. Dénombrez la somme entière des enfants d'Israël — depuis vingt ans et au-dessus. — Ce fut le troisième recensement général de tout le peuple : car le premier avait été effectué pour la construction du tabernacle, Exode XXX, 12 et XXXVIII, 25. Le second, lorsque les lignes de bataille furent organisées pour le combat et le campement, Nombres I et II : tous deux furent accomplis la deuxième année après la sortie d'Égypte, au Sinaï. Le troisième eut lieu ici, en la quarantième année, alors qu'ils étaient sur le point d'entrer dans la terre promise, afin qu'elle pût être convenablement divisée et distribuée entre les tribus selon le nombre de chacune. Car il est ridicule ce que dit Rabbi Salomon, que Dieu fit ici comme fait un berger qui compte son troupeau ravagé par le loup, afin que, par le nombre des survivants, il sache combien en ont péri et ont été enlevés.
C'est pourquoi tous ceux qui sont dénombrés ici sont différents de ceux qui furent dénombrés la deuxième année, Nombres I et II ; car tous ceux-là avaient déjà péri, à cause du murmure des espions à Cadès-Barné, dont il est question au chapitre XIV, comme il ressort de ce chapitre, verset 64.
Outre ces trois, il y eut un quatrième recensement, mais spécial, des premiers-nés et des Lévites, dont il est question au chapitre III, versets 15 et 40.
Depuis vingt ans et au-dessus — parce que ceux-là seuls étaient aptes aux armes et à la guerre, qui devait être bientôt menée contre les Cananéens lors de l'entrée en Canaan. C'est pourquoi seuls les guerriers sont dénombrés ici, et eux seuls se partagèrent la terre de Canaan : ceux de moins de vingt ans, par conséquent, de même qu'ils ne furent pas dénombrés et n'étaient pas aptes à la guerre, de même n'entrèrent-ils pas en possession de l'héritage de la terre de Canaan par eux-mêmes, comme il ressort du verset 53.
Verset 3 : Moïse et Éléazar parlèrent
3. Moïse et Éléazar parlèrent donc — à savoir ce que le Seigneur avait dit, afin que tous ceux qui devaient être dénombrés se disposent par compagnies et par familles, pour qu'ils pussent être commodément comptés. Ce recensement semble avoir été conduit de telle sorte que l'on compta d'abord les familles de chaque tribu, puis les maisons de chaque famille, et enfin les chefs de chaque maison.
Au bord du Jourdain — c'est-à-dire près du Jourdain : ainsi il est dit que Jésus, se tenant au-dessus, c'est-à-dire près d'elle, commanda à la fièvre, Luc IV, 39.
Verset 5 : Ruben, premier-né d'Israël
5. Ruben, premier-né d'Israël. — Dans ce recensement est observé l'ordre des étendards et des lignes de bataille, qui fut établi au chapitre II ; de telle sorte cependant que le premier étendard est celui de Ruben, avec les siens, en tant que premier-né ; le second est celui de Juda, qui était l'aîné des autres ; le troisième est celui d'Éphraïm, qui était issu d'une mère libre, à savoir Rachel ; le quatrième est celui de Dan, avec les siens, qui était né d'une servante, à savoir Bilha.
Verset 10 : Un grand miracle
10. Et il se fit un grand miracle. — L'hébreu porte : ils furent en signe, ce que le Chaldéen, Vatablus et d'autres rapportent à ce qui précède, c'est-à-dire : Coré, Dathan, Abiram, etc., furent en signe, c'est-à-dire qu'ils servirent d'exemple aux autres enfants d'Israël, par lequel ceux-ci apprirent qu'il ne fallait pas murmurer et se quereller contre Moïse et leurs supérieurs.
Mais parce qu'il suit dans l'hébreu : Et les fils de Coré ne moururent pas, notre traducteur, plus sagace, voyant que ces mots sont liés à ce qui précède, comprit que ce signe se rapportait tant aux paroles suivantes qu'aux précédentes, et que le sens était : Coré, Dathan et Abiram devinrent un signe, c'est-à-dire un exemple — non pas quelconque, mais prodigieux et miraculeux — non seulement parce que la terre les engloutit, mais aussi parce que, Coré périssant, ses fils ne périrent pas, mais restèrent suspendus en l'air, parce qu'ils n'avaient pas consenti à la rébellion de leur père. Que les fils de Coré aient été sauvés par miracle est évident du fait qu'ils semblent avoir été entièrement présents avec leur père Coré dans la tente, tout comme les fils de Dathan et d'Abiram, qui périrent avec leurs parents ; car lorsque Moïse vint vers eux, tous leurs fils et serviteurs accoururent à la maison pour une affaire et un différend si graves, et les parents n'auraient pas souffert que leurs fils leur soient arrachés dans ce schisme, ou qu'ils quittent la maison.
Concernant ce miracle et concernant ces fils de Coré, j'en ai parlé au chapitre XVI, 31.
Verset 12 : Les fils de Siméon
12. Les fils de Siméon — En Genèse XLVI, 10, et Exode VI, 15, on dénombre six fils de Siméon ; mais ici et en 1 Chroniques IV, 24, on n'en dénombre que cinq : car le sixième, Ohad, est omis parce qu'il mourut sans enfants ; il n'avait donc ni famille ni lot dans la terre de Canaan. De même, son premier fils, qui est ici appelé Nemuel, est appelé Jemuel dans la Genèse et l'Exode ; et celui qui y est appelé Zohar est ici appelé Zérah ; car de l'hébreu Zohar, par métathèse, et en même temps en changeant la lettre tsadé en la lettre apparentée zaïn, on obtient zerach ou Zérah ; ainsi dans d'autres noms il y a une variation semblable : car celui qui, ici au verset 30, est appelé Iézer, en Josué XVII, 2, est appelé Abiézer, et celui qui, ici au verset 24, est appelé Jasub, ailleurs est appelé Job.
Notons ici que la tribu de Siméon avait grandement diminué ; car dans le précédent recensement, effectué la deuxième année, le compte de cette tribu était de 59 300, comme il ressort de Nombres II, 13 ; mais ici on ne compte que 22 200 : la tribu avait donc diminué de 37 100 membres, ce que la plupart attribuent à la dernière plaie, envoyée à cause de la fornication avec les femmes madianites, chapitre XXV, 9, laquelle avait sévi très durement contre cette tribu, parce qu'un très grand nombre de ses membres avaient suivi leur chef Zambri, que Phinéès tua, et avaient forniqué avec les femmes madianites ; et cela est suffisamment suggéré au chapitre précédent, dernier verset, où Dieu ordonne d'attaquer les Madianites à cause des embûches et du crime de Cozbi, avec laquelle Zambri avait forniqué. Ainsi Abulensis.
De là encore, la tribu de Siméon, étant petite, fut jointe à la tribu de Juda, et reçut son lot au sein du lot de Juda, comme il ressort de Josué XIX, 9. Car la tribu de Juda était la plus grande et la plus puissante : elle comptait en effet 76 500 membres, comme il ressort du verset 22. Après Juda, la plus nombreuse était la tribu de Dan, avec 64 400 membres, verset 43 ; après Dan venait Issachar, avec 64 300 membres, verset 25, etc.
Verset 38 : Les fils de Benjamin
38. Les fils de Benjamin. — Ici ne sont dénombrés que cinq fils de Benjamin, bien qu'il en eût dix, comme il ressort de Genèse XLVI, 21. Les cinq autres de ses fils moururent donc sans enfants, ou bien la famille s'éteignit dans leur descendance.
Verset 44 : Jessui et les Jessuites
44. Jessui, de qui vient la famille des Jessuites. — À ce passage, quelqu'un ferma récemment et fort à propos la bouche d'un hérétique ignorant qui, selon son habitude, abominait la Compagnie de Jésus et les Jésuites, sous prétexte que leur nom ne se trouvait pas dans les Saintes Écritures.
Verset 53 : La terre sera divisée
53. La terre sera divisée entre eux, selon le nombre des noms, en leurs possessions. — C'est-à-dire qu'en proportion du nombre de familles et de personnes, qui ont coutume de porter différents noms, la terre sera divisée et possédée par chacun : c'est une métonymie, car le mot ou le nom est pris pour la chose ou la personne nommée.
Verset 54 : À chacun sera donnée une possession
54. À chacun, selon qu'ils ont été maintenant recensés, sera donnée une possession. — « À chacun, » c'est-à-dire aux hommes individuellement, aux tribus, aux familles, et surtout aux chefs de famille (car cela correspond davantage au texte hébreu), afin qu'ils répartissent à leur tour le lot reçu entre les membres individuels de leur famille qui ont vingt ans.
Verset 57 : Les fils de Lévi
57. Voici aussi le nombre des fils de Lévi, selon leurs familles. — Ici ne sont dénombrées que cinq familles de Lévi, bien qu'il y en eût huit, comme il ressort d'Exode VI, 17, 18, 19, et de 1 Chroniques XXIII et suivants, parce qu'il ne recense ici que les principales ; car ici les familles lévitiques ne sont pas formellement dénombrées comme les autres, puisqu'elles ne devaient pas recevoir de lot avec les autres tribus en Canaan, comme il est dit au verset 62.
Verset 62 : Vingt-trois mille Lévites
62. Et tous (les Lévites) qui furent dénombrés étaient vingt-trois mille, de sexe masculin, d'un mois et au-dessus. — Notons : parce que le Seigneur avait ordonné, chapitre III, 41 et 43, que les premiers-nés des Hébreux fussent échangés contre des Lévites d'un mois et au-dessus, et cela afin d'égaler le petit nombre des Lévites à la multitude des premiers-nés, et en même temps pour déclarer la dignité des Lévites ; pour cette raison, Il ordonne ici qu'ils soient de nouveau dénombrés à partir d'un mois et au-dessus, comme étant les siens, puisqu'ils avaient autrefois, à ce même âge, servi au rachat des premiers-nés ; car ceux qui n'avaient pas encore accompli un mois ne servaient pas à ce rachat, d'où ils n'étaient pas comptés comme Lévites et n'appartenaient pas à Dieu, et par conséquent ne sont pas dénombrés ici. La tribu de Lévi fut peu prolifique ; car elle avait le plus petit nombre de membres parmi toutes les tribus, tant dans ce recensement que dans le précédent, Nombres chapitre III, 43.
Verset 65 : Seuls Caleb et Josué restèrent
65. Et il ne resta personne d'entre eux, sinon Caleb, fils de Jéphoné, et Josué, fils de Noun. — À l'exception des Lévites ; car parmi eux survivaient Moïse, Éléazar, Ithamar, et probablement beaucoup d'autres qui avaient été dénombrés au Sinaï et étaient d'âge mûr au temps des espions, et qui dépassaient facilement la vingtième année. Caleb avait alors 78 ans, comme on le déduit de Josué XIV, 7. Josué avait au moins 83 ans. Car toutes ces choses se passèrent en la quarantième et dernière année de la pérégrination des Hébreux dans le désert, au cours de laquelle Moïse mourut, à qui Josué succéda immédiatement, et qui gouverna le peuple au plus pendant 27 ans : Josué mourut à l'âge de 110 ans, comme il ressort de Josué, dernier chapitre, 29. Retranchez de ces 110 années de vie les 27 années de son commandement, et vous obtiendrez 83, son âge à l'année susdite, quand Moïse mourut et qu'il succéda à Moïse dans le commandement.
De là il est clair qu'en ces 38 ans, les pères mourant, tout autant de fils avaient pleinement grandi pour les remplacer, lesquels, ayant accompli ou dépassé la vingtième année, étaient aptes à la guerre. Car dans ce recensement, on trouva 601 730 guerriers, comme il est dit au verset 51 ; dans le recensement précédent, 38 ans plus tôt au commencement, on trouva 603 550 guerriers, comme il est dit au chapitre I, 46. Le premier recensement dépasse donc celui-ci de seulement 1 820 personnes.
De la loi de l'héritage
Je dis à partir de la vingtième année, parce que ceux de moins de vingt ans n'entraient pas en possession de l'héritage en Canaan par leur propre droit, mais par le droit d'autrui, à savoir celui de leur père, si le père était mort : d'où, de même que le père, s'il avait vécu, n'aurait eu droit qu'à un seul lot, de même ces fils, même s'ils étaient nombreux, n'avaient cependant droit qu'à un seul lot — celui qui aurait été celui de leur père — et cela afin qu'ils eussent de quoi vivre, qu'ils ne fussent pas à charge à leurs frères, et que leur nom ne pérît pas de leur souche. Ainsi Abulensis, Question X.
Par conséquent, chaque fille, succédant au lot de son père qui avait été divisé et lui avait été attribué, donnait à l'un des fils qui lui étaient nés le nom de son père ; et celui-ci succédait à son héritage ; mais les autres fils prenaient le nom et l'héritage du mari, et le partageaient à parts égales. J'excepte les premiers-nés. Car ceux-ci recevaient une double portion de l'héritage, comme il ressort de Deutéronome XXI, 17. Entendez ces choses de l'héritage proprement dit, ou des biens immeubles ; car les Hébreux pouvaient disposer des biens meubles à leur gré, et les donner aux filles plutôt qu'aux fils, comme ils assignaient communément à leurs filles une dot tirée de tels biens. Pour plus de détails sur les lois de succession chez les Hébreux, voir Abulensis en ce lieu.